Alors voilà…

Apres mon petit prélude gnangnan-over-cheesy plein de poésie, de réflexions sur fond de culture littéraire et d’affirmations pseudo-philosophiques qu’un monde meilleur est possible, il serait peut-être temps (ahem…) d’en venir au véritable objet de ce blog.

Mais d’abord, une autre petite histoire… 🙂

Il y a exactement trois ans j’ai ouvert mon premier blog. A l’époque je venais de débarquer dans un pays… disons… un peu pauvre, plutôt en développement, assez malmené par l’histoire mais en bonne voie de rétablissement : le Cambodge. Toute fraiche et fière dans mon nouveau poste d’« humanitaire », je me sentais pleine d’énergie pour soulever des montagnes et sauver le monde.

Comme finalement, sauver le monde ne me prenait pas autant de temps et d’énergie que prévu et que d’autre part la vie au Cambodge c’était quand-même bien funkikoolol, j’ai décidé d’ouvrir un blog pour raconter mes mésaventures et amuser la galerie. Pendant deux ans et demi, je l’ai régulièrement alimenté de mes historiettes. J’y ai pris énormément de plaisir et sans vouloir avoir l’air de me balancer des fleurs, je pense que mes lecteurs aussi.

Le hic c’est que la dernière des anecdotes m’a été, en un sens, fatale. Elle avait pour objet mon chef de l’époque et le décrivait en des termes TRES peu flatteurs… Il faut dire que c’était quand-même un gros con un mauvais chef et les mauvais chef, il n’y a rien de pire pour vous pourrir la vie, vos rêves, votre enthousiasme et la confiance, pas toujours solide, que vous avez construite en votre propre valeur (mais bon, rappelez-vous qu’en toutes circonstances, ça n’est jamais une bonne idée de dire de son chef que c’est un fdp sur son blog, et que même s’il est schleu et que vous avez codé votre insulte de manière très subtile, il aura vite fait de comprendre ce que vous vouliez dire…).

Jamais, ja-mais mon boss n’aurait dû tomber sur ce post. Hélas, ce qui ne devait jamais arriver arriva. Grâce à l’aimable coup de pouce d’un anonyme fort attentionné qui est demeuré jusqu’à présent inconnu (il a sans doute toujours peur que je lui casse la gueule) (il a peut-être pas tort d’ailleurs…) (nan j’déconne je suis gentille maintenant) mon boss a eu accès à mes virulentes e-fanfaronnades. Me trouvant à ce moment-là, comble de bad luck, dans un entre-deux contractuel, j’ai été priée dès le lendemain de ramasser mes deux ans et demi de vie et de travail et mes rêves d’adolescente et de foutre le camp séance tenante merci-bien-terminé-bonsoir.

Mais... euh... bon...
Mais… euh… bon…

Oui, ça fait mal et j’en ai quand-même un peu chié. Mais nous sommes huit mois plus tard. Je suis retombée sur mes pieds après un long chemin, semé d’embuches. J’ai butté sur de nombreuses pierres, j’ai croisé plein de personnes qui m’ont soutenue et aidé à avancer (à grands coups de bières et de tranches de rigolade, je l’avoue), je me suis arrêté en chemin pour vivre de beaux moments. J’ai baissé les bras, j’ai relevé la tête, j’ai balancé mes belles idées et mes grands rêves à la poubelle pour revenir les chercher, toute penaude, quelques heures plus tard. Je me suis insurgée contre le chômage, le système, les ONG, les gens. J’ai pleuré. J’ai écrit. J’ai déprimé un peu, j’ai réfléchi beaucoup, j’ai continué à vivre passionnément, j’ai rouspété à la folie, j’ai renoncé pas du tout.

Et surtout, j’ai changé. Profondément changé. Pourquoi ? Parce que pour la première fois de ma vie, je me suis sentie impuissante. Pour la première fois de ma vie, ce que je désirais le plus au monde – travailler, apprendre, donner du sens à ma vie et faire avancer les choses – m’était interdit. C’était une impossibilité technique, une anomalie. J’ai trouvé cela injuste, violent, absurde. D’autant que j’avais tout bien fait comme il faut, comme on m’avait dit – longues études, expériences professionnelles, parcours irréprochable, joli CV, amour de mon travail, motivation, enthousiasme… tout bien, tout propre, parfait. Mais non.

Je reviendrai dans un prochain article sur le chômage, pourquoi c’est badant, pourquoi c’est aussi bien plus enrichissant qu’on ne le croit. Toujours est-il qu’en raison de cette impuissance, et surement par besoin de « com-penser », je ressens aujourd’hui l’envie irrésistible de get back to business et de retrouver un sens que j’ai perdu pendant quelques mois, mais en arrêtant cette fois de le cantonner bêtement à la sphère professionnelle.

Mes mois de chômage m’ont fait croire que parfois, changer les choses et apprendre m’était interdit parce que c’était pour moi indissociable de mon boulot, qui lui-même était indissociable de mon identité. A présent que je vois les choses un peu plus clairement, je me rends compte que j’avais tort. Le sens, le changement, l’apprentissage peut se trouver partout ailleurs, et en premier lieu à l’intérieur de soi-même. Je me suis alors dit qu’avant de changer le monde, je pourrais toujours commencer par me changer moi-même, que ça ne me couterait rien et que cela m’apporterait beaucoup.

Ben oui!
Ben oui!

Pour en revenir à ce blog…

On s’est tous bien esclaffé à écrire et lire les petites aventures de mon existence cambodgienne a l’époque de mytotebag (oui, il y a trois ans, j’étais tout aussi inspirée pour les noms de blogs…). Mais j’ai changé que voulez-vous… A présent j’ai envie de partager des choses plus profondes, plus réfléchies et plus inspirantes, qu’il s’agisse de réflexions sur le monde, d’informations que j’aurais dénichées, de petites actions et autres astuces pour me/se changer, d’idées à débattre et à discuter…

Si je ne vous parais pas être devenue trop chiante, vous êtes plus que bienvenus pour embarquer dans l’aventure…

Allez, restez quoi ! Bien sûr que je continuerai à faire de l’humour drôle, j’aime trop le LOL pour en rester là 😉 (huhu, je vous ai bien eu…)

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2 réflexions sur “Alors voilà…

  1. Ah, ça, il y a toujours des aventures dont on aimerais bien se passer, pour se rendre compte avec le recul, que ce n’était peut-être pas si mal.
    Mais je suis contente d’apprendre que tout s’arrange, car je l’avoue, j’ai été prise de panique lorsque j’ai lu les dernières aventures. Dans le genre truc pas cool…
    Cependant, je connais une autre blogueuse qui, racontant sa vie au japon sur son blog en français, a eu la bonne surprise de retrouver un jour sur un site japonais l’un de ses articles entièrement traduit, sans qu’on en ne lui ai jamais demandé l’autorisation !
    Comme quoi, la toile, c’est aussi collant et dangereux que certaines de ses consoeurs naturelles…

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    1. Marrant j’ai justement (re)regardé Les Liaisons Dangereuses hier. Et je n’ai pu m’empecher, en un certain sens, de compatir avec cette brave Marquise de Merteuil… 🙂
      Personne n’est a l’abri mais le risque en vaut aussi la chandelle parfois.
      Bienvenue ici 🙂

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