Le chômage – mode d’emploi (2/3)

Oui donc comme je disais…

Moi (j’aime bien parler de moi) il y a plusieurs postes pour lesquels j’étais (par)faite et je n’ai même pas obtenu d’entretien. Pourquoi ? Parce que Oui oulala c’est très bien ce joli CV avec la police bien reader-friendly, l’alignement ergo-dynamique, les bullet-points bien rangés dans l’ordre de ta mère, ouh trois ans au Cambodge par-ci, olala deux masters en poche par la, Comment ? Trois ans d’expérience dans le social business, 5 ans d’engagement dans le développement ! Intéressant intéressant… Ah! Beaucoup de motivation, hum hum, de bonnes qualités professionnelles, très bien très bien… C’est tout ?! Ah. Eh bien votre CV on va bien gentiment le ranger dans la pile des CVs bien-mais-sans-plus. Félicitations quand-même, cette pile rassemble les 360 meilleurs CV que nous avons reçu, sur lesquels nous en avons short-listé… 3 (on a bien bien GALERE d’ailleurs). Estimez-vous heureuse, il aurait pu terminer à la poubelle avec les 6458 autres candidatures que nous avions reçues pour ce poste…

Ahem.

Oui bon évidemment j’exagère. Mais bon, c’est un fait : chercher un job aujourd’hui dans la plupart des domaines c’est ni plus ni moins qu’une grosse compétition et moi j’étais juste pas assez compétitive. Perso, la compétition, j’ai arreté ca à 13 ans quand j’ai fait une crise d’asthme au milieu d’une course de triathlon (on dirait que c’est une blague mais en fait non, j’ai vraiment fait du triathlon) alors que je ne suis pas asthmatique pour un sou. Je crois juste que ça me paraissait tellement absurde cette compet’ dont je n’avais jamais voulue que je me suis étouffée d’incrédulité (ou que j’ai trouvé un bon moyen de me faire disqualifiée, de toutes façons j’allais (encore) arriver bonne dernière LOL).

La compétition c’est de la merde très bien quand cela permet aux individus de se tirer les uns les autres vers le haut. Mais dans une économie aussi dévastée que la nôtre ou le chômage affiche depuis des années des taux records, tout le monde est tiré vers le bas – à part bien sur ces éternels connards de nantis qui, pour une raison ou pour une autre – compétences, intelligence, mérite chance, relations, héritage, absence de scrupule… – parviennent TOUJOURS à tirer leur épingle du jeu (je ne suis pas jalouse).

Bref, sur ce grand et bienveillant Marché du Travail, moi aussi je me suis parfois dit que je n’étais ni plus ni moins qu’une marchandise. J’étais là, sur mon étal avec mon joli packaging, à désespérément essayer d’attirer l’œil du recruteur pour qu’il me sélectionne, moi et pas les autres. Mais mon recruteur n’avait pas beaucoup de temps et il y avait tellement d’autres produits avec un meilleur packaging que le mien que j’étais noyée dans la masse.

D’autant que moi, je n’en avais rien à foutre d’avoir le meilleur packaging, je m’en foutais d’écraser les autres et de prouver que j’étais meilleure qu’eux. Moi je voulais juste être moi. Et être moi, c’est être autre chose que deux putain de feuilles A4 PDF en pièce jointe. Mais je pouvais pas.

Ceci n’est pas normal. Réel, certes, mais pas normal.

Pourquoi ?

Parce que l’on ne peut pas construire des individus productifs, efficaces et épanouis autour du chantage, de la peur et de la menace qu’ils n’obtiennent pas ou se retrouvent privés de ce qu’on leur vend comme the moyen ultime d’être quelqu’un de normal, intégré dans la société, propre sur lui, attaché-case et souliers vernis.

Parce qu’une société qui tourne autour d’une valeur qui reste inatteignable pour un nombre croissant de personnes (mauvaise nouvelle les gars, ça ne va pas aller en s’améliorant) est une société malade et hypocrite. Et moi j’aime pas les hypocrites – ni les malades d’ailleurs (p’tites bites).

Parce qu’on ne peut pas, incessamment, se faire la guerre, faire la course et quand on est arrivé sur le podium, flipper sa race qu’on en descende et quand on en est descendu, déprimer et pis on a qu’à tous se tirer une balle tiens puisque de toutes façons, sans travail, la vie n’a pas de sens, pas vrai ?

Bon, je sais ce que vous êtes tous en train de vous dire, vous êtes en train de geindre Oui mais qu’eeeeest-ce qu’on peut faaaaiiiiiire alors ???

Et ben demain, je vous livrerai, en exclusivité, ma solution magique de lutte ultime contre le chômage, celle qu’on attendait tous pour, enfin, remettre la France au travail. Allez, belle soirée a vous !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s