Le chômage – mode d’emploi (3/3)

Bon les gars, par rapport a cette histoire de solution magique, j’ai un aveu à vous faire : je n’ai pas de remède miracle contre le chômage (huhu, je vous ai encore bien eu !)

Ben c’est que le secret anti-chômage il existe mais voilà, il a été dérobé par les francs-maçons, enfermé dans un coffre-fort et caché dans les souterrains d’une pyramide aztèque en plein milieu de la forêt tropicale pour que personne ne le découvre JAMAIS. Nos gouvernements, désemparés, se sont dit qu’ils pouvaient toujours sauver la face en nous endormant à coup d’équations mathématiques suffisamment simples pour que tout le monde les comprenne à peu près, mais suffisamment compliquées pour qu’on se dise aussi que ceux qui les avaient pondues étaient très intelligents et savaient ce qu’ils faisaient, du type :

f(croissance)/compétitivité*(diplomes2+formations)#valeurtravail@tapersurlesassistés/πpoleemploi = %$&*#@%*

TRAVAIL

(wouhouh !!!).

Résultat, ben les gens sont là comme des nouilles à râler et attendre sagement que d’autres gens soi-disant plus malins qu’eux résolvent l’équation, et à force d’attendre, ils ne savent bien plus ce qu’ils espèrent : le retour de la croissance, la fin du monde ou la visite du Père Noel.

Mais revenons à nos moutons gémissant (Mais que faaaaiiiiiire ?).

Meeeeeeeeeehhh
Meeeeeeeeeehhh

Très franchement, je n’en sais rien. Je n’ai pas la réponse et personne ne l’a. Mais la première chose à faire je pense est d’essayer de comprendre que le problème du chômage est bien plus complexe qu’on essaye de nous le faire croire et que cela dépasse de loin la notion de travail vs pas travail, c’est un problème de système. Et le système, ça concerne tout le monde.

Deuxième chose à réaliser, comme dit plus haut, c’est que les choses ne vont certainement pas aller en s’améliorant, surtout dans la mesure où, apparemment, ce susmentionné système n’est pas vraiment remis en question. Le grand retour de la croissance et du plein-emploi est un mythe (eeeh oui) et il faudra bien qu’un jour les gens se le rentrent dans le crane. C’est un fait (je veux bien en débattre mais c’est quand-même un fait) : dans les années/décennies/siècles (LOL, comme si on allait encore être là) à venir, nous travaillerons moins, donc par une logique imparable, nous serons au chômage plus.

Donc, moi, dans mes grandes nouvelles résolutions de me-changer-moi-même-avant-de-changer-le-monde, j’ai pris une grande décision : changer mon rapport au travail (tadaaa… !).

Enfant de la fameuse génération Y (la premiere a avoir une lettre!! trop-la-classe), j’ai été façonnée par les concepts de carrière, d’épanouissement par le travail, d’émancipation par le salariat et compagnie hérités des décennies précédentes. J’ai également été martelée pendant toute mon existence de messages sur l’inexorable accroissement du chômage, la fin du plein emploi, les non-travailleurs qui sont marginalisés, les travailleurs qui sont malheureux, les assistés qui font chier le monde, etc. Honnêtement il y a de quoi devenir complètement schizo… !

Donc là, maintenant, tout de suite, je dis STOP. Arrêtons. Enfin en tous cas, moi, j’arrête.

J’arrête de me dire ohlala my god ma CARRIERE. De toutes façons, je sais toujours pas ce que je veux faire quand je serai grande.

J’arrête de me faire le bébé  et de pleurnicher sur mon maigre salaire. Je réfléchis et je me dis De toutes facons meuf (ouais des fois tavu je m’appelle moi-meme Meuf #callmeretarded), si c’est pour le claquer dans des litrons de vodka-redbull, une 25eme robe de bitch, un smartphone encore plus smart programmé obsolescence fabriqué sur le dos des mineurs africains et des enfants chinois ou de la mimolette à 30 boules le kilo, ca craint. Si c’est parce que tu te dis Ouiiiinnn de toutes facons si j’suis payée des clopinettes c’est parce que je suis beaucoup trop bete pour mériter plus, tu fais tiep (ta gueule).

J’arrête d’angoisser à l’idée de me retrouver sans boulot et je pense à toutes ces choses que je pourrais faire de ce temps libre, par exemple : fabriquer des cosmétiques doityourself, inventer des nouvelles recettes de smoothies ou faire du yoga à gogo (les cosmétiques DIY, les smoothies et le yoga c’est les dernières marottes de ma nouvelle vie).

J’arrête d’angoisser à l’idée de me retrouver sans le sou. Je pense à tous ces gens qui vivent vraiment dans la misère et je me dis Merde, je suis quand-même pas la plus à plaindre. Je repense aussi a toutes ces mains qui se sont tendues quand j’en ai eu besoin (la paix soit avec vous et avec votre esprit amen).

Et surtout j’arrête de me dire que si je redeviens chômeuse, ce qui arrivera à coup sûr, j’en serai là parce que je ne suis rien d’autre qu’une grosse limace bonne-à-rien à part à se trainer dans son propre mucus (on peut être très dur avec soi-même quand on a pas de travail…).

Bon le gros paradoxe de mon histoire (et c’est là que vous vous rendez compte que je ne suis rien d’autre qu’une grosse imposture…), c’est que mon salut me vient justement… de mon travail. C’est en remettant ma personne au travail que j’ai retrouvé foi en moi et que j’ai pris conscience de tout cela.

Mais bon maintenant  je le saurai pour la prochaine fois.

Et maintenant, vous aussi (de rien).

 

Chomage courage

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4 réflexions sur “Le chômage – mode d’emploi (3/3)

  1. Un mode d’emploi pour le chômage?
    Le plein emploi un mythe ? Parler d’emploi c’est aussi parler réduction du temps de travail (moins de travail, moins de chômage #sisi), relocalisation de l’économie, revenu de base, formation tout au long de la vie.
    Bref le problème, ce n’est pas le chômage, c’est ceux qui manquent d’idées (et qui font du travail un mythe).
    Et si le salut vient du travail, quelle déception !! Il y en a même qui ne veulent pas travailler. par choix. dingue : « Mis en demeure de choisir entre les miettes du salariat précaire et la maigre aumône que dispense encore le système, certains désertent la société de consommation pour se réapproprier leur vie. Ni exploitation, ni assistanat ! clament-ils pour la plupart. Ils ont choisi une autre voie, celle de l’autonomie, de l’activité choisie et des pratiques solidaires… » (On peut se changer soi et changer le monde parfois !) (source: https://www.youtube.com/watch?v=nOkNIm0LWr0)
    Ça c’est une vrai critique du travail (pas du chômage). S’il suffisait juste d’arrêter d’angoisser pour changer notre rapport au travail… (et encore plus au système)
    Quant à la soi-disant « generation Y », on parle d’une moitié de génération (l’autre moitié n’a pas fait d’études supérieures http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/fporsoc09d.pdf).

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    1. Est-ce que, parce que j’ai décidé d’écrire un article sur le chômage, sur la façon dont je l’ai vécu et sur la façon dont je vais essayer de l’aborder à l’avenir, on attend de moi que j’aborde et que j’apporte des réponses à toutes les questions économiques, sociales, éthiques, politiques qui tournent autour du chômage ici et maintenant, dans cet article de blog ?
      Bien sûr qu’il y a les dizaines de questions que tu évoques et que je n’ai pas abordées. Toutes ces questions, toutes ces réponses, c’est ce que j’évoque, de manière extrêmement expéditive, certes (mais j’écris un blog, pas une thèse :)), quand j’évoque le système et le fait qu’il ne soit pas remis en question… Dans le futur, j’aborderai peut être toutes ces questions, ce n’était juste pas ce que je voulais faire ici.
      Bien sûr qu’arrêter d’angoisser n’est pas la solution a tout, et d’ailleurs rien n’est la solution à tout, il n’y a pas de solution miracle, ni de « mode d’emploi » c’est bien ce que je dis… Mais le chantage au travail se nourrit de la peur et des terreurs d’une population de se retrouver privée de ce qu’on lui vend comme la seule façon pour faire partir de la société, pour être une personne normale, épanouie, productive, intégrée. Supprimer cette peur (et je ne prétends pas que cela soit facile, je suis passée par là, j’en ai chié et je ne dis pas que j’en suis à tout jamais débarrassée) c’est ne plus être soumis à ce chantage, c’est résister, c’est dire non à des absurdités comme la suppression de jours fériés, le travail le dimanche ou l’allongement du temps de travail selon les besoins des entreprises (portes ouvertes a un état de non droit du travail…). C’est reprendre le contrôle, c’est ne plus être soumis, c’est retrouver notre pouvoir, c’est faire nos propres choix, c’est vivre en démocratie.
      C’est en tout cas quelque chose sur quoi chacun d’entre nous peut travailler ici et maintenant pour retrouver une forme de liberté et de dignité.
      Je ne critique ni le travail, ni le chômage. Je ne fais un problème ni de l’un ni de l’autre. Ce que je dénonce, c’est un discours hypocrite et un système malade. Point. Et je pense que sur ce point, nous sommes d’accords 🙂

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