Pour ou Contre le régime Végan – Thèse (2/4)

Alors, pourquoi?

Les quatre piliers idéologiques (si j’ose m’exprimer ainsi) du régime végétalien sont les suivants : santé, animaux, planète, humains. Certains font le choix pour l’un, d’autres pour l’autre. En ce qui me concerne, j’estime que tout est lié et qu’au final, derrière ces trois piliers se cachent des notions très simples comme le respect de la vie (humaine, animale, environnementale), le bon sens ou encore l’éthique.

Végan pour la santé

Je commence par l’argument plus délicat et le plus controversé des quatre et celui sur lequel j’ai le plus de mal à me faire un avis personnel et définitif : l’argument santé.

Essayer de définir un régime alimentaire sain dans la foire à l’information nutritionnelle actuelle n’est pas chose aisée. D’autant que nous n’avons pas tous le même corps et ce qui conviendra à certains ne conviendra pas à d’autres.

Sur la question, beaucoup d’études se contredisent et il est souvent bien difficile de démêler le vrai du faux. Chaque jour qui passe présente son lot de nouveaux articles déconstruisant les « mythes » qui tournent autour de notre alimentation et qui rendent de plus en plus difficile de se faire sa propre opinion. Le lait est-il véritablement une bonne source de calcium ? Les oeufs sont-ils bons pour la santé ? Les graisses saturées présentes dans la viande sont-elles si mauvaises que cela ? Les protéines sont-elles oui ou non nocives pour les reins ? De quelles protéines parle-t-on d’ailleurs, celles du soja ou celles du poulet ? Les céréales seraient-elles en fin de compte mauvaises pour la santé, surtout le blé et son terrible gluten ? Et le bio dans tout ca ?

On impute l’explosion des maladies cardio-vasculaire à notre mauvaise alimentation mais n’est-ce pas le lot de tout pays voyant son espérance de vie s’allonger autant ? On relève un taux de cancers bien plus élevés dans les pays consommateurs de viande que dans les pays en développement mais n’est-ce pas aussi parce que dans ces pays-là, beaucoup de gens en meurent sans même avoir été diagnostiqués ?

Etc.

Ou se trouve la vérité ? Très honnêtement je ne prétends pas avoir de réponse absolue à toutes ces questions. Je suis loin d’être scientifique, encore moins nutritionniste et d’ailleurs je pense que la science n’a pas réponse a tout. J’ai lu des blogs, des articles et des études à n’en plus finir. J’ai discuté avec des gens. J’ai été d’accord, pas d’accord. J’ai observé sur mon propre corps les effets à court terme d’un régime de plus en plus pauvre en aliments d’origine animale et de plus en plus riches en végétaux. Et je n’en suis qu’au début de mes découvertes et de mes apprentissages…

Bref, j’ai fini, quand-même, par me convaincre de certaines choses.

Je pense aujourd’hui qu’un régime composé à 100% d’aliments végétaux, s’il est bien mené, peut être sain et dénué de carences sur le long-terme et à vrai dire même meilleur pour la santé. Toutefois, assurer la transition à ce type de régime requiert le temps de s’informer, de comprendre comment notre corps fonctionne, ce dont il a besoin et ou le trouver. Cela demande un peu de souplesse, de gymnastique mentale et de connaissances à la base mais c’est loin d’être impossible, ni même difficile.

Par ailleurs, le fait est que ceci est valable pour n’importe quel régime, ce qui est hélas souvent oublié dans nos sociétés modernes ou l’on a l’impression de pouvoir manger tout et n’importe quoi sans conséquences pour notre santé… et on finit bien souvent par manger n’importe quoi plutôt que tout. Le lien entre alimentation et santé (et qui va bien au-delà des problèmes d’obésité, de cholestérol ou de diabète) est vivement minoré quand il n’est pas totalement ignoré. L’occident a, au cours des décennies précédentes, adopté des régimes déséquilibrés, trop riches en graisses et en sucres raffinés, trop pauvres en fibres, en minéraux et en antioxydant et bourrés d’aliments transformés qui ont perdu toutes ou presque toutes leur qualités nutritionnelles. Les conséquences, on les connait…

Ironic.

La bouffe industrielle c’est de la daube, je ne me donne pas la peine d’expliquer pourquoi, mais pour en revenir à la viande et aux produits laitiers, je suis à présent convaincue que manger des produits animaux 2 à 3 fois par jour est loin d’être idéal pour la santé à long terme. Ces produits, aux apports nutritifs non contestables mais pour la très vaste majorité également disponible dans une diète végétale (fer, calcium, protéines…), sont trop riches en cholestérol et acides gras saturés qui ont un lien direct avec les maladies cardio-vasculaires et les cancers, première cause de mortalité en France, sans parler du problème de l’obésité.

Les régimes 100% végétaux, ou à très grosse part végétale, parce qu’ils proposent, non pas de supprimer purement et simplement viande et produits laitiers, mais de substituer leurs apports nutritifs par ce qu’on trouve dans les végétaux sont d’autre part naturellement bons pour la santé puisque riches en fibres, en glucides complexe, en minéraux, en vitamines et en antioxydants, tout en n’étant pas dépourvus de fer, de protéines, de calcium et de vitamines présentes en grande quantité dans la viande et les produits laitiers. Encore faut-il, bien sûr, avoir accès à un grand nombre d’aliments et pouvoir se composer un régime diversifié, ce qui n’est pas possible pour tous les habitants de la planete. Il est évident que je ne recommande pas aux Inuits d’arrêter de pécher pour bouffer des lentilles ou aux Massai d’oublier leurs troupeaux de vaches et de se mettre à la culture de la quinoa ! Le régime végan n’a de sens, sur le plan santé, que si les apports nutritionnels des produits animaux sont compensés par une diète végétale, et non supprimés.

Pour notre santé, je pense qu’il conviendrait donc, a minima, de réduire notre consommation de produits animaux et d’explorer les richesses culinaires et gustatives d’un régime végétal. Alors bien sur la première étape c’est d’être ouvert d’esprit et d’arrêter (par pitié) de faire la fine-bouche et de prétendre que les légumes, beurk, c’est pour les lapins ou qu’un repas sans viande n’est pas un vrai repas. Soyons sérieux deux minutes. C’est ridicule et exaspérant. Régime végétal ne veut pas dire carottes râpées, tofu et soupe aux choux (merde !).

Et puis le gout, croyez-moi, cela s’éduque. Si on ne vous avez pas mis du poulet dans votre assiette depuis tout petit et que vous découvriez maintenant cette chose blanche, fade et sèche, je doute vraiment que vous trouviez ca délicieux au premier abord. Et ben pour le tofu c’est pareil (pour le fromage je ne dis pas – mais c’est un autre débat ;))

Végan pour les animaux

En ce qui concerne les animaux, permettez-moi de passer rapidement sur le sujet. Je pense qu’aujourd’hui, plus personne n’ignore les choses effroyables qui se passent dans les industries d’élevage de poulets, porcs et bovins, sans parler de celles des poissons d’élevage… Entre les vaches et poules qui ont été tellement rapidement engraissées que leurs pattes qui n’ont pas eu le temps de développer se brisent sous leur poids, les porcelets non sevrés arrachés à leur mère, castrés sans anesthésie et mutilés, les blessures et ulcères causés par l’inertie permanente sur une litière souillée, la promiscuité, l’impossibilité de bouger et d’avoir des comportements normaux d’animaux, la souffrance et l’exploitation, pas besoin d’être abonné à 30 millions d’amis pour se sentir révolté.

Par ailleurs – et cela rejoint l’argument santé – il n’existe rien de naturel dans les conditions d’élevage des animaux de nos jours. Je parle bien sur ici de l’élevage industriel qui représente entre 80 et 90 % de la consommation de viande en France et cela s’applique d’ailleurs également à l’agrobusiness qu’est devenue la culture intensive des céréales, fruits et légumes aujourd’hui. Pour assurer des seuils de rentabilité toujours plus élevés (puisque nous mangeons de plus en plus de viande), les animaux d’élevage sont gavés d’hormones de croissance, hormones qui se retrouvent dans notre assiette. Bonjour douce perturbation endocrinienne… Pour éviter que des maladies se propagent dans les élevages qui sont des foyers de bactéries et de virus (j’imagine que vous vous souvenez de la vache folle, de la grippe porcine ou aviaire…) ils sont perfusés aux antibiotiques qui, eux aussi se retrouvent dans nos assiettes. Les antibiotiques, c’est bel et bien automatique dès lors que l’on consomme de la viande, des oeufs et des produits laitiers d’élevage industriel en masse.

Voilà, après, qu’on tue ou pas les animaux pour les manger, c’est pour moi un autre débat. Comme le dit très justement Ophélie sur son blog, au nom de quel ordre naturel étrange nous arrogeons-nous le droit de vie et de mort sur d’autres êtres qui sont comme nous vivants et sensibles alors même que nous n’en avons pas vraiment besoin? Et si l’ordre naturel des choses venait à être inversé et que nous devenions soudain ces êtres tout juste bons à naître grossir et être tués pour en nourrir de plus forts que nous ? Si cette idée est révoltante lorsqu’elle s’applique à nous, humains, pourquoi l’appliquons-nous chaque jour aux animaux ? Au nom de quoi exactement ? De notre prétendue « intelligence supérieure » ? Mouais. Quand je vois l’acharnement que met l’homme à détruire ce qui lui permet de vivre, je me demande parfois s’il n’est pas au contraire le plus stupide des animaux de la création…

Bon, je dis ça alors que j’ai mangé du porc ce midi hein. Je suis d’accord sur le principe. De là à le mettre en pratique il y a de la marge. Mais bon, cela vaut la peine de se poser la question…

Doesn't make sense.

Bref. Dans tous les cas, je suis pour éviter, autant que faire se peut d’encourager ces pratiques immondes. Et puis ça évite d’engraisser avec notre argent des mecs qui présentent aussi peu de respect pour la vie, celle des animaux mais surtout la nôtre…

Végan pour la planète et ses habitants

Je rassemble les deux derniers points en un seul parce qu’ils sont, à mon sens, indissociables. On l’oublie d’ailleurs bien trop souvent…

Moby (coucou Moby) a signé récemment une tribune sur le Hufftington Post intitulée Sauvons l’Humanité (tout un programme…).

Dans cette tribune il rappelle que, d’après l’ONU, l’élevage industriel représente 18% des émissions de gaz, c’est-à-dire plus que les émissions de tous les transports du monde réunis. Le poids de l’élevage industriel sur nos ressources est aussi écrasant qu’insoupçonné par les plupart d’entre nous. Le rendre public et le dénoncer ne serait pas une mesure très populaire en effet… (rah ces végé, toujours la quand il s’agit de nous donner mauvaise conscience, pas vrai?) 🙂

Je ne rentre pas dans des détails chiffrés mais globalement sachez que :

  • Produire 1 kilo de céréales ou de pommes de terre prend entre 1000 et 2000 litres d’eau et entre 6 et 17 mètres carrés de surface agricole
  • Produire 1 kilo de poulet prend 4000 litres d’eau et 53 mètres carrés de surface agricole
  • Produire 1 kilo de bœuf prend environ 15 500 litres d’eau et 300 mètres carrés de surface agricole

8% de la consommation humaine d’eau potable est directement allouée à l’élevage industriel. Pendant ce temps, près d’un milliard d’être humain n’ont pas accès à l’eau potable. Cherchez l’erreur…

Ce n’est plus un secret pour personne : quoi qu’en disent les négationnistes de la première heure, les ressources planétaires ne sont pas illimitées et jusqu’à nouvel ordre, on n’a pas encore réussi à créer de l’eau, des patates ou une vache grâce à la nanotechnologie… On doit donc bien se contenter de ce que l’on a, or nous faisons exactement le contraire. Nous sommes aux portes de l’explosion d’un système qui n’a rien de durable.

D’ailleurs si l’on veut se limiter à l’aspect financier des choses, sachez que l’élevage industriel n’est pas du tout rentable et que si la viande est si peu chère dans nos supermarchés, c’est parce qu’elle est largement subventionnée par les gouvernements, autrement dit par nos impôts… (sic)

Partout dans le monde, la faim augmente, la malnutrition augmente, la soif augmente. Pendant ce temps, des forets entières disparaissent pour planter d’immenses plantations de soja et de mais destinées à nourrir… du bétail (et non pas des enfoirés de végés qui boulottent du tofu à longueur de journée, non non), plantations qui vident les nappes phréatiques, empoisonnent les sols, détruisent la biodiversité…

Aujourd’hui nous sommes face à un problème de répartition des ressources terrible mais dans le futur, nous risquons de faire face à un problème de manque de ressources. Pour nourrir les 9 milliards que nous serons en 2050, on estime que la production alimentaire mondiale devra doubler. Le problème : les sols, terriblement molestés par des pratiques agricoles abusives, la déforestation ou le surpâturage sont en perte de productivité. L’offre ne pourra plus répondre à la demande…

Moby avance une idée toute simple qui peut paraitre loufoque mais qui, dans les faits, a beaucoup de sens : donnons aux gens la nourriture que l’on réserve aux animaux. Et arrêtons avec ce non-sens éthique, économique, environnemental et humain qu’est l’élevage industriel.

Le calcul est simple pourtant : pour produire 1 kilo de viande de bœuf qui nourrira un homme pendant une semaine, il faut 10kg de protéines végétales qui auraient pu nourrir 10 hommes pendant une semaine. On peut multiplier ces calculs avec l’eau, l’espace agricole et même l’air, on en arrivera toujours au même constat : la consommation de viande telle que nous l’a pratiquons n’a pas de sens et nous emmène directement dans une impasse. Et toute l’humanité avec parce que croyez-moi, chinois, indiens, brésiliens et cambodgiens vont vite venir demander leur reste… ! A chacun d’en tirer les conséquences…

Notre avenir et celui de nos enfants est la raison pour laquelle nous nous devons de réfléchir à ce que nous mangeons.

 

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