D’une année à l’autre…

Je termine aujourd’hui l’une des années – voire l’année – la plus étrange de toute ma vie.

Son début aura été marqué, le 20 janvier 2014, par un cataclysme qui, bien que latent depuis des mois, n’en a pas moins fait volé en éclat tout un pan de mon existence, mis un terme forcé à ma détermination sans faille à sauver le monde et réduit à néant l’énergie, l’enthousiasme et la foi que je mettais dans l’humble mission que je m’étais fixée de le rendre un peu meilleur.

Avant cet épisode, tous les malheurs du monde étaient confinés dans le champ des causes pour lesquelles il vaut la peine de se battre mais qui, somme toute, ne me concernaient pas, ou de loin.

Puis, le « malheur » m’est tombé dessus et je me suis retrouvée prise au piège d’un des nombreux travers de ce monde : le chômage. Engluée dans une réalité dont je n’avais pas voulu et à laquelle, en raison d’une incapacité à l’appréhender, je n’étais pas du tout préparée car je consacrais beaucoup plus d’énergie à fermer les yeux sur les réalités et à me convaincre que je pouvais leur échapper, en tous cas pour le moment.

La réalité m’a rattrapée et j’en ai retenu un certain nombre de leçons. Tout d’abord que le bonheur, bien plus qu’on ne le croit, ne se situe pas– ou du moins pas uniquement – dans les réalités matérielles et les différents statuts sociaux dont on peut nous affubler mais bien en chacun d’entre nous, si tant est que l’on prend la peine d’en chercher et d’en trouver la porte. Leçon pas toujours facile à retenir mais que je continue de m’efforcer de mettre en pratique jour après jour.

Ensuite, qu’il y a toujours des alternatives et que même lorsqu’on est réduit à l’impuissance par une réalité qui nous dépasse, les moyens d’agir ne manquent pas.

C’est la tendance grandissante et réjouissante que j’ai pu observer tout au long de cette année. A l’heure où nous nous sentons de plus en plus dépassés par la complexité d’un « progrès » beaucoup trop rapide, incrédules face à des puissances chiffrées déconnectées de notre univers, désarmés face à la machine infernale d’un système qui nous entraine dans une spirale dévastatrice, nous n’en baissons pas moins les bras.

De plus en plus, je vois les choses changer, les êtres évoluer, le monde se transformer. Car si nous avons accepté que nous vivrons moins bien, nous ne voulons pas, pour autant, vivre moins. Ce qui nous amène à nous demander justement ce que c’est, vivre.

J’ai de plus en plus l’impression que les gens tentent de retrouver un sens perdu, une sérénité diluée dans l’agitation frénétique et futile qui fait l’apanage de ce monde. J’entends de plus en plus souvent parler de méditation, de psychologie positive, de spiritualité sans connotation négative et sans tomber dans le piège dogmatique que peut constituer la religion, juste pour lui rendre son essence : la redécouverte et la reconnexion avec la vie qui palpite en chacun des Etres de ce monde.

J’ai de plus en plus l’impression d’un engagement plus fort de la part de chacun, d’une compréhension plus profonde de l’expression Faire sa part. Faire sa part, cela passe tout d’abord par une grande remise en question de tout ce qu’on a pu nous apprendre et nous faire croire. Sur ce plan-là, je trouve les gens de moins en moins crédules, indifférents ou pessimistes, et au contraire de plus en plus éveillés, engagés et utopistes.

Faire sa part c’est bien sur également passer à l’action, ce qui ne veut pas forcément dire verser des milliers d’euros à des ONG pour sauver les enfants pauvres ou les pandas, construire une éolienne dans son jardin ou fonder une association de défense des droits des poulets de batterie (même si c’est très bien de faire tout cela hein :)). Faire sa part, cela passe aussi par les gestes tout simples du quotidien : manger moins de viande (ah je ne pouvais pas ne pas la faire celle-là !), se tourner vers le bio, le local, l’équitable, consommer moins et mieux, faire de plus en plus de choses soi-même (cosmétiques, produits d’entretien mais aussi cadeaux, déco, etc.) pour se libérer du joug du consumérisme, boycotter, réduire ses déchets, acheter d’occasion, s’informer autrement en soutenant les médias indépendants plutôt que ceux qui sont à la botte des puissants de ce monde, apporter son soutien à des causes via Internet, partager…

Sur ce point, à mesure que l’on essaye de nous faire avaler des énormités tellement grosses et indigestes qu’elles dépassent l’imagination (le TAFTA en étant un très bon exemple), je vois de plus en plus de voix s’élever pour dire non. Je vois de la résistance, de la résilience et des protestations alors même qu’une place de plus en plus large, notamment sur Internet, est donnée aux vrais militants de ce monde, ceux qui ont vraiment à cœur l’intérêt général. Je vois beaucoup de remise en question des choses qui sont supposés aller de soi. Je vois une perte d’intérêt et bien plus de clairvoyance a l’égard de la manipulation nauséabonde dans laquelle nous baignons et qui tente de régir nos vies, nos opinions et nos actes.

Enfin faire sa part c’est aussi et surtout se changer soi-même, changer notre vision du monde, des autres et de soi. Comprendre que l’humanité n’est pas affaire d’exclusion, de rejet, de jugements mais de tolérance, de solidarité et de générosité. Qu’il est souvent bien plus facile – et ô combien plus libérateur – de jeter sur les autres (et sur soi) un regard bienveillant que de s’enfermer dans des jugements de valeurs hérités d’un système moral et social maladif. De regarder plus souvent avec les yeux du cœur, les yeux d’un petit bébé qui viendrait de naitre et qui serait encore vierge de toute adversité. Car en lieu et place de chaque être méchant, aigri, cruel, empli de jugements et d’amertume s’est un jour tenu un petit enfant, et si la lumière qu’il dégageait brille depuis dans l’obscurité, elle ne demande sans doute qu’à être ravivée.

Bref, à mesure que mes propres yeux s’ouvrent de plus en plus grand sur les réalités de ce monde, je vois ceux des autres s’ouvrir également et je perçois des tas de délicieuses surprises dont je ne me cesse de me réjouir.

Alors même si je ne peux pas m’empêcher tous les jours de me dire que c’est trop tard, que c’est foutu, qu’on est déjà perdus, cela ne m’empêche pas de savourer jour après jour toutes ces beautés et de me dire qu’elles sont bien plus importantes que la folie de quelques-uns et que tant qu’elles dureront, on se démerdera pour durer aussi. Certains feux sont inextinguibles.

Pour 2015, je souhaite que tout cela continue et prenne de l’ampleur comme un oiseau qui déploie ses ailes. A toutes les belles personnes qui m’entourent, de près ou de loin, intimes ou anonymes, proches ou étrangers, amis et parfaits inconnus, la plus belle résolution que vous et moi pouvons prendre, à mon avis, c’est de vivre pleinement l’instant présent. Il n’y a que dans l’instant présent qu’on aime, qu’on rit, qu’on vive vraiment. Il n’y a que dans l’instant présent qu’on puisse préparer l’avenir. Il n’y a que dans l’instant présent que vous puissiez être qui vous êtes vraiment et qui est infiniment plus grand, plus beau et plus puissant que ce que vous imaginez. Rappelez-vous que votre vie se déroule ici et maintenant et non pas plus tard et ailleurs. Efforcez-vous de l’accueillir comme elle vient et de l’aimer telle qu’elle est. Elle fait ce qu’elle peut.

Voilà tout ce que je vous souhaite (ainsi qu’à moi) pour 2015.

Et surtout, n’oubliez pas d’incarner le changement que vous voulez voir dans ce monde.

Bonne année 2015 à tous.

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4 réflexions sur “D’une année à l’autre…

  1. Encore un bel article. Effectivement je pense aussi que le bonheur n’est pas au bout du chemin mais que le bonheur est le chemin. Vivons l’instant présent en essayant de le rendre meilleur pour les autres et nous même.
    Bonne année 2015

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  2. Bravo Sabine pour les leçons tirées des adversités de 2014. Nous sommes fiers d’avoir une fille comme toi.
    d’autres commentaires suivront dans nos conversations écrites.
    autre version d’être le changement que l’on souhaite pour le mondes: changeons nos coeurs et le monde changera!!

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