Le changement, c’est maintenant. Et le changement, c’est vous.

Hé toi, le spécialiste du partage d’articles apocalyptiques d’annonce de la fin du monde sur facebook, assortis de commentaires indignés du type REVEILLEZ-VOUS !!!/OUVREZ LES YEUX !!!/POURQUOI VOUS ETES TOUS SI DEBILES ?!/L’HUMANITE C’EST VRAIMENT TRODLAMERDE !!/BANDE DE CONS !!/etc…

Toi qui me parle de destruction de l’environnement, une canette de coca dans une main et une clope dans l’autre, et qui te dit écolo parce que tu coupes le robinet quand tu te laves les dents, éteins les lumières quand tu quittes une pièce ou finis toujours ton assiette (sauf la salade parce que c’est pour la déco)…

Toi qui me sors des grands discours sur tes craintes et ta révolte – légitimes – quant au sort qu’on fait subir à la planète et qui, quand je te demande en louchant sur ton double cheeseburger acheté au Do Mac du coin ce que toi tu fais à ton échelle pour changer un peu les choses, me sort, la bouche dégoulinante de mayo industrielle, cette phrase insupportable : « Ah ben non moi je peux rien faire, c’est pas moi qui prend les décisions ! »…

… c’est à toi que je parle.

Bon, je caricature, évidemment 🙂 En réalité, loin de moi l’idée de stigmatiser qui que ce soit ni de jouer les donneuses de leçons mais plutôt d’attirer l’attention sur une forme de discours que certaines personnes continuent de tenir et qui consiste à clamer haut et fort que les changements doivent toujours venir d’en haut, que nous ne sommes responsables de rien et que nous n’avons aucun pouvoir de transformation du monde.

J’ai bien peur d’avoir une mauvaise nouvelle pour vous les gars : nous avons bien tous une responsabilité, nous avons bien tous un rôle à jouer, nous avons bien tous les moyens de changer le monde.

Ce n’est d’ailleurs pas si compliqué que ça, et si nous ne le faisons pas, personne ne le fera à notre place…

Les fausses bonnes raisons de se voiler la face

Je sais bien, c’est toujours plus facile de fermer les yeux sur les conséquences de ses propres actions, de considérer qu’on ne peut rien faire et que c’est aux « autres », aux décideurs politiques, aux élites, aux patrons, aux gens qui ont du pouvoir ou de l’argent qu’il revient la responsabilité de faire bouger les choses. Cependant, cette façon de penser comporte, à mon sens, quelques égarements.

Pourquoi ?

Tout d’abord, parce qu’il est extrêmement naïf de croire que qui que ce soit, dans les sphères politiques, décisionnelles, élitistes va faire quoique ce soit pour changer ça, a fortiori si nous-mêmes ne sommes pas capable de nous remettre en question. Si politiques et grands patrons (pour la très grande majorité) en avaient réellement quelque chose à foutre de l’environnement, cela se saurait. Au nom de quoi iraient-ils chambouler un système qu’ils ont soigneusement mis en place et qu’ils ont tout intérêt à maintenir ? Très franchement, peut-on vraiment leur en vouloir ? Sommes-nous certains de ce que nous ferions à leur place ?

Ensuite, parce qu’il est assez hypocrite de prétendre qu’en tant que gens « normaux », en tant que non-preneurs de décisions, nous sommes réduits à l’impuissance. Si les acteurs de toutes les luttes sociales avaient raisonné de cette façon, nous bosserions encore 6 jours sur 7, 52 semaines par an, nous n’aurions pas le droit de grève, la sécurité sociale, les prestations sociales et j’en passe. Bien sûr que nous avons du pouvoir ! Combien sommes-nous d’acteurs potentiels du changement contre combien de décideurs ? C’est là que réside notre force et les récents événements nous l’ont douloureusement rappelé… Les élites ne plieront pas d’elles-mêmes, c’est à nous de les faire plier. Pas une seule avancée sociale ou environnementale n’a été à l’initiative « d’en haut », et pourtant, elles ont bel et bien eu lieu.

Enfin, parce qu’il faut être sacrément paresseux ou de mauvaise foi pour prétendre qu’on ne voit pas comment changer, par où commencer, ce qu’il faut faire. Mais bien sûr, la première étape est d’abandonner ce discours cynique qui ne convainc plus personne. Ensuite seulement, on se rend compte de toutes les possibilités de changement qui fleurissent partout dans le monde, et comment on peut soi-même y prendre part. A l’ère d’Internet, il n’y a rien de plus facile que de s’informer un minimum sur toutes les petites actions à entreprendre pour mener sa vie dans le respect de ta planète. Prétendre le contraire, c’est au mieux ne pas être bien renseigné, au pire faire preuve d’un aveuglement borné. Il n’y a rien de compliqué dans le fait de changer ses habitudes. Et de le faire maintenant, pas de le remettre sans arrêt à plus tard : plus tard, quand j’aurais assez d’argent, plus tard quand ma carrière sera lancée, plus tard quand j’aurais des enfants.

Il n’y a plus de plus tard et vous le dites vous-mêmes…

Attendre… mais quoi ?

L’hypocrisie de ce discours, qui réclame à cor et à cri des changements venus d’en haut mais refuse d’y prendre part, a tendance à m’agacer. Je le trouve par ailleurs d’autant plus déplacé que je vois de plus en plus de gens sortir des grandes plaidoiries pour s’engager, concrètement, en faveur d’un monde plus juste, plus beau et plus humain.

Quant aux autres, j’ai de plus en plus envie de leur dire : Mais qu’attendez-vous au juste ? Quelles sont ces décisions que vous attendez que d’autres prennent à votre place en vous imaginant qu’elles vont bouleverser l’ordre du monde ?

Attendez-vous que l’état cesse de sponsoriser l’élevage intensif – responsable de 18 % des gaz à effet de serre, d’une consommation d’eau et de denrées alimentaires ahurissante, de la destruction des forêts pour planter du soja destiné au bétail, de la pollution des sols, etc. – et affiche les prix réels de la viande pour que vous vous décidiez à en limiter votre consommation ?

Attendez-vous une taxe exorbitante sur les boissons sucrées pour cesser d’ingurgiter un litre et demi de soda par jour ? (pour rappel si nécessaire, il faut 6-7 litres d’eau pour produire un litre de soda)

Attendez-vous que les sacs plastiques soient interdits pour vous décider à utiliser des sacs réutilisables ? (1 sac plastique = 450 ans pour se « bio » dégrader)

Attendez-vous qu’on monte le prix de l’essence à 3 euros par litre pour vous interroger sur les potentialités du vélo, des transports en commun ou de la marche à pied ?

Attendez-vous que des petits génies viennent vider les océans des presque 300 000 tonnes de plastique qui y flottent pour vous interroger sur tous les emballages qui encombrent votre salle de bain et votre cuisine ?

Vous n’avez besoin de personne pour faire tout cela ! Ces actions, c’est vous. Ces conséquences, c’est vous. Ces décisions, ce sont les votres. Il n’appartient qu’à vous de les prendre. Ici et maintenant. Oui ce sont des gouttes d’eau, non cela ne changera presque rien, mais au moins vous apporterez votre pierre à l’édifice. Vous avez des idéaux ? C’est formidable. Maintenant, agissez en conséquence et en connaissance de cause. Ou alors arrêtez de les clamer haut et fort car vous ne convaincrez pas grand monde…

Faire sa part

Encore une fois, loin de moi l’idée de pointer du doigt qui que ce soit. Je voudrais juste, de manière générale, qu’on arrête de clamer des principes et de s’attendre à ce que d’autres les suivent à notre place.

Je ne prétends pas être parfaite mais je pense avoir compris le sens de l’expression Faire sa part et sa nécessité, et je m’efforce de la mettre en pratique chaque jour, même si c’est loin d’être gagné (de toutes façons je suis intimement persuadée qu’on est déjà foutus mais je le fais quand-même, au cas où je me tromperais…). Je ne donne de leçon a personne – sauf à ceux qui en donnent aux autres – mais je ne fais pas l’hypocrite en prétendant que la solution doit venir d’en haut.

Nous sommes suffisamment nombreux pour, nous, incarner le changement que nous voulons voir dans le monde.

C’est simple, vraiment : Si vous n’êtes pas prêt à faire votre part du boulot, arrêtez de passer votre temps à attendre que d’autres le fassent à votre place et à geindre qu’ils ne le fassent pas.

Commencez par vous changer vous-même (ou alors taisez-vous).

🙂

bethechange

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