SEXE: en parler, oui. En juger, NON.

Quand je m’ennuie au bureau, je suis capable de « perdre » des heures et des heures à lire les commentaires au bas des articles de presse. C’est une fenêtre ouverte sur le monde, la société et les gens absolument passionnante.

Et hélas, bien souvent totalement déprimante.

Ce matin, au gré de mes pérégrinations numériques, je me suis retrouvée le nez scotché à mon écran à décortiquer les uns après les autres les commentaires d’un article de Rue89 publiée dans la rubrique Vie De Baise.

Parenthèse pour dire que j’aime assez cette rubrique qui ne ressemble à nulle autre dans aucun média mainstream français. On pensera ce qu’on veut de Rue89, j’aime leur audace à balancer des gros coups de pied dans la fourmilière de la Bien-Pensance en donnant à voir des vrais gens, qui ne sont pas forcément l’illustration de ce qui se passe dans tous les foyers mais qui ont le mérite de remettre en question la norme indiscutable et inconsciemment assimilée par tous et la vision standardisée des individus, des couples et de leur sexualité.

Et là j’avoue qu’ils ont fait assez fort.

L’article nous présente un couple, Claire et Vincent, qui pratique le candaulisme, c’est-à-dire le fait de coucher avec une tierce personne devant les yeux de l’autre – de Vincent dans le cas présent. Manifestement, Claire et Vincent sont amoureux, complices, même si leur couple a connu des hauts et des bas. Ils ont décidé d’explorer ensemble ce fantasme de Monsieur et apparemment, ils le vivent très bien. Ils sont mariés, ont 4 enfants et ont l’air heureux. Et quand bien même l’article ne donnerait qu’une vision limitée de leur couple qui cacherait des problèmes, quel couple peut prétendre ne pas en avoir ? Enfin bref en tous cas, ils pratiquent le candaulisme et apparemment, ça les fait kiffer.

Bon, moi quand je lis ce genre de truc, en général, je me dis toujours la même chose : En ce qui me concerne, très peu pour moi mais si ça leur va, s’ils s’éclatent, hein, tant mieux pour eux ! Et je passe mon chemin, heureuse toutefois d’avoir élargi un peu plus ma fenêtre sur le monde de la sexualité « hors-norme ». Je crois adopter une attitude saine en m’affranchissant de jugements à l’emporte-pièce et d’opinions biaisées sur ce que font les autres de leurs corps et qui ne me regarde absolument pas, tant que c’est fait dans un consentement mutuel et dans la légalité.

Nota Bene : ce n’est pas parce que ces couples décident d’en parler, même sur Rue89, que cela me regarde plus que lorsqu’ils le gardaient pour eux. Qu’ils en parlent ou pas, leur corps et leur sexualité leur appartient. L’argument « S’ils ne veulent pas être jugés, ils n’ont qu’à le garder pour eux » ne tient pas. Ce n’est pas parce que je partage quelque chose avec quelqu’un que cette expérience se met à appartenir à cette personne autant qu’à moi et que cette même personne a le droit d’en faire une affaire personnelle. Fin du Nota Bene.

Et puis, va savoir pourquoi, je devais avoir du temps à perdre, cette fois je n’ai pas passé mon chemin si vite. Je me suis attardée dans les commentaires. J’en ai lu un, puis deux, puis 10 et 100, et j’ai au final passé la moitié de la matinée à balancer des réponses indignées de ci de là, pour finir par me dire que la question méritait carrément un article de blog – Et nous y voila.

Parce que yen a marre

Cet article donc juste pour dire que j’en ai RAS-LE-BOL. J’en ai ras-le-bol que tout le monde se sente en position légitime de juger de la sexualité des autres en permanence, évidemment à la lumière de sa propre sexualité, elle-même bien souvent façonnée sous le prisme réfèrent en matière de cul, à savoir qu’il devrait toujours être : amoureux, monogame, pratiqué à 2, exclusif, fréquent, passionné, suffisamment sacré pour ne pas le banaliser, suffisamment banal pour ne pas le sacraliser non plus. Bon et puis si possible hétéro et surtout sans faire intervenir trop de trucs chelous du style sex toys aux formes improbables, vidéo-caméra et autres pratiques BDSM…

WAKE-UP

Je voudrais qu’on arrête avec ça. Vraiment.

Je sais pas vous mais moi je prenais les lecteurs de Rue89 pour des gens plutôt bien, cultivés, tolérants, intelligents, curieux, ouverts d’esprit, détendus du slip… Eh ben je me fourrais le doigt dans l’œil jusqu’au coude oui. A la suite de cet article donc, tout le monde y allait de son petit commentaire :

  • Ceux qui considèrent que ces pratiques sont dégueulasses/pathétiques/perverses/etc. ;
  • Ceux qui estiment que seuls des animaux peuvent se comporter de la sorte (en particulier « des gros porcs ») ;
  • Ceux qui considèrent que les amants sont des hypocrites, incapables de reconnaitre que leur couple est mort et qu’ils ne s’aiment plus – car, c’est bien connu, le couple et l’amour se résument essentiellement au cul et à la sacro-sainte et indiscutable exclusivité sexuelle ;
  • Ceux qui pensent que c’est le signe de troubles psychologiques graves et qu’ils feraient mieux d’aller consulter un psy parce que clairement il y a des complexes œdipiens suspects pas résolus derrière tout ça ;
  • Ceux qui pensent que ces pratiques sont néfastes pour, au choix : le couple / ses enfants / la société tout entière (pourquoi ? on ne sait pas bien) ;
  • Ceux qui pensent que les amants n’ont aucun respect pour eux-mêmes ni pour l’autre ;
  • Ceux qui estiment que c’est bien là le reflet de la décadence et de la perversion générale des mœurs dissipés de l’Occident…
  • … ou encore des dérives du féminisme (coucou Eric Z.)
  • Enfin bref, que ce n’est ni plus ni moins que la forme d’expression de « petits plaisirs narcissiques » qui devraient rester de l’ordre des fantasmes qui, c’est bien connu, ne devraient jamais, ô  grand jamais, être réalisés, et ce pour le bien de tous. Amen.

Bref, ce matin, il y avait matière à taper rageusement sur les touches de mon clavier.

Oui parce que GUESS WHAT, moi je suis pas, mais alors pas du tout d’accord avec ça.

Baiser pour soi… ou pour les autres ?

Parce que moi je pense que ouais, effectivement, le sexe, c’est personnel. Que c’est égoïste. Qu’il s’agit bien de « petits plaisirs narcissiques ». Que quand on baise, on devrait pouvoir ne penser qu’a soi et à celui ou celle (ou ceux) avec le(s)quel(s) on baise. Qu’on devrait pouvoir faire tout ce qu’on veut, tant que le consentement de celui ou celle avec lequel on le fait est acquis. Et que c’est comme ça que ça devrait être. Qu’on devrait laisser libre court à ses petits fantasmes, à ses grandes envies et à son maxi plaisir. Que c’est surtout sur cela qu’il faudrait se pencher, et non pas sur des questions de normalité et de conformisme parce que je pense qu’en termes de sexe, comme pour en termes d’à peu près tout en fait, nous sommes tous différents et il est toujours vain, et souvent violent, de vouloir à tout prix faire rentrer les gens dans des putains de cadres en dehors desquels notre comportement au pieu sera considéré, au mieux comme « déviant », au pire comme dangereux.

Car pourquoi on devrait baiser pour faire plaisir aux autres exactement ? Depuis quand il faudrait coucher comme ci ou comme ça parce qu’il faudrait surtout éviter de choquer la bonne ménagère, qu’il faudrait bien rentrer dans le moule, pas être trop dissident par rapport à la norme.

Franchement, s’il y a bien une activité pour laquelle on peut se permettre d’être narcissique et égoïste et ne penser qu’a son petit plaisir personnel (sans oublier celui de son partenaire bien sûr) c’est bien le sexe, non ? Le sexe c’est gratuit (enfin, la plupart du temps), bon pour la santé, ça n’a aucune conséquence sur l’environnement (ok, je passe sur les capotes pas biodégradable et les sex toys en plastique), et si c’est pratiqué dans le consentement, le dialogue et le respect mutuel – c’est-à-dire tout ce que le sexe devrait être, et rien de plus que cela –, en se protégeant des maladies (ce qui me parait évident), de la procréation si on ne veut pas d’enfants et dans la légalité bien sûr, cela ne pourra avoir que des conséquences positives sur les individus et donc a fortiori sur la société toute entière. C’est une des rares activités de plaisir dans la vie qui, si pratiqué comme il le faut, n’aura aucun impact négatif sur quoi que ce soit (on ne peut pas en dire autant de la bouffe, de la clope ou de la picole par exemple…).

D’ailleurs je suis profondément persuadée que les êtres pleinement épanouis sexuellement (et par extension dans leurs relations amoureuses et sociales) sont plus heureux, mieux dans leur peau, plus tolérants, plus respectueux, plus calmes, et de manière générale, qu’ils ont une incidence plus positive sur le monde, bref, qu’ils ne passent pas leur temps à polluer la psyché humaine avec leur frustration. Apres c’est sûr qu’ils font chier les insatisfaits avec leur bonne humeur et leurs sourires radieux mais bon, si on était tous comme ça, je ne pense pas que le monde s’en porterait plus mal…

Donc, franchement, pourquoi devrait-on se sentir concerné par ce que les gens foutent de leur corps si ça leur fait plaisir et si ça ne fait de mal à personne? Qu’est-ce que ça peut bien nous faire de savoir dans quelle position, en utilisant quels instruments, avec combien de personnes de quel sexe, devant qui et en se mettant quoi et où ils font l’amour ? Nan mais franchement, QU’EST-CE QUE CA PEUT BIEN NOUS FOUTRE ? La planète ne s’en trouvera pas plus mal. Dieu, à mon avis, il s’en contrebalance puisque l’essentiel pour lui, c’est que les gens s’aiment et se respectent. Les autres, ça ne les regarde pas. Et puis les amants seront contents. Donc c’est tout bénef pour tout le monde.

Donc oui, on baise pour soi (et pour ceux et celles avec lesquels on baise), et pas pour les autres. Et c’est très bien comme ça.

Eh ben quoi?
Eh ben quoi?

De l’illégitimité du jugement d’autrui

Vous nous emmerdez à nous dire comment on devrait faire l’amour à la fin. A émettre des jugements sur quelque chose qui ne vous regarde absolument pas et auquel vous ne comprenez rien, de toute évidence. Et à vous acheter un droit à distiller votre haine, votre dégout et votre rejet mal dissimulés en jugements de valeurs que vous essayez de légitimer maladroitement en vous appuyant sur un modèle que vous pensez consacré mais qui, ne vous en déplaise, ne convient pas – et n’a jamais convenu – à tout le monde.

Ben oui, depuis la nuit des temps, tout le monde n’a pas envie de coucher avec le sexe opposé. Et cela ne fait pas d’eux des gens malades, je pense que cela tout le monde a fini par le comprendre.

Ben oui, depuis la nuit des temps, tout le monde n’a pas envie de n’avoir qu’un seul partenaire de vie et de cul. Cela ne fait pas d’eux de dangereux dépravés incapables d’aimer.

Ben oui, depuis la nuit des temps, tout le monde ne ressent pas du désir que pour son partenaire et a besoin d’aller voir ailleurs pour avoir une sexualité épanouie et cela ne fait pas d’eux des personnes cruelles, égoïstes et immatures. Bien sûr, c’est encore mieux si le partenaire est dans le même délire.

Ben oui, depuis la nuit des temps, il y a des gens que ça fait kiffer de voir leur mec ou leur femme avec quelqu’un d’autre. Cela ne veut pas dire que l’amour n’existe plus.

Ben oui, depuis la nuit des temps, il y a des gens qui ont compris qu’ils n’étaient pas propriétaires du corps de l’autre et que si cet autre avait envie d’en faire des choses qui ne leur plaisait pas trop, ça ne regardait que lui, que ça ne leur enlevait rien, et tant pis pour la jalousie.

Ben oui, il y a des gens qui assument leurs fantasmes, aussi bizarres et non-conformistes puissent-ils paraitre, et qui se disent Mais merde, qu’est ce qui m’empêche de les réaliser? Qui a écrit qu’un fantasme devait rester un fantasme, et au nom de quoi ?

Et alors ? C’est un problème pour qui au juste ?

Et tant pis si vous ne comprenez pas. Tant pis si vous n’arrivez pas à sortir de votre raisonnement binaire, tellement ridicule et profondément réducteur face aux possibilités infinies de l’amour et du sexe. Ben oui, l’amour, le désir, les fantasmes, la libido, le sexe, c’est mystérieux, c’est insaisissable, c’est indomptable. En bref, c’est souvent incompréhensible. Si ça l’est déjà souvent pour les partenaires, ça l’est a fortiori pour les gens extérieurs au couple. Et c’est sûr que ce n’est pas la norme imposée de manière unilatérale et indiscutable qui va aider les individus à vivre en paix avec leur corps et ses envies.

Quand dans un couple le sexe est malheureux, on poussera les gens à faire un petit effort pour « pimenter le couple », mais attention sans jamais trop s’éloigner des frontières de la normalité. Utiliser un canard en plastique, pourquoi pas. Se déguiser en infirmière, ça va, ça reste mignon. Les claques sur les fesses ? Bof, c’est gentillet. Mais devenir adepte du double fist-fucking ou introduire de nouveaux partenaires dans la sacro-sainte sphère sexuelle, oulala ATTENTION DANGEREUSE DEVIANCE DROIT DEVANT!

Vous faites chier à la fin. Le corps des autres ne vous appartient nullement. Leur sexualité non plus. Tant qu’elle ne fait de mal à personne, laissez-les en disposer comme bon leur semble. On ne parle que de sexe consenti ici, pas de gang-bang dans des caves obscurs, ni de pédophiles et de leur grosse sucette cachée sous leur manteau, sujets autrement banals qui récolteraient surement moins d’expressions de révolte et de dégout et ne ferait descendre personne dans les rues – contrairement à ce qui se passe lorsque des êtres qui s’aiment mais qui ont le malheur d’être du même sexe manifestent l’envie de donner un cadre légal à leur amour.

Qui est pathétique la franchement ?

Enfin, je digresse.

Quand la différence menace l’ordre établi

Au fond, tout ce que je lis en creux dans ces jugements, c’est un sentiment de menace. Menace à l’encontre de l’ordre établi qui rassure tout le monde, du petit modèle standardisé et indiscutable, imposé à tous comme s’il ne pouvait en avoir aucun autre, comme si le sexe devrait être toujours pareil pour tout le monde. Eh ben non, le sexe n’a pas à être pareil pour tout le monde. Comme tout le monde n’a pas à avoir le même corps, 1m70, 60 kilos, taille 38 et 90C, pour être heureux. Comme tout le monde n’a pas à avoir un bon petit boulot, une brave petite femme, un chien, une bagnole et un prêt immobilier pour s’estimer chanceux dans sa vie.

ET CEATERA.

Sauf que, comme tout ce qui sort du protocole ordinaire, ça fait peur. Ça vous fait peur à vous, tous les gens normaux de sortir de votre petite zone de confort, de vous rendre compte que, désolé les mecs mais tout le monde n’est pas comme vous. Que ce qui vous rend heureux ne donne pas envie a d’autres. Que vous avez pu vous tromper. Qu’en somme, vous aussi vous pouvez être diffèrent, et que cette normalité à laquelle vous vous raccrochez désespérément comme la garantie de votre appartenance à la race humaine n’est pas si incontestable que cela, que tout ce en quoi vous croyez peut s’effondrer, comme ça, du jour au lendemain. Pouf.

Mais de quoi avez-vous peur à la fin ? Du bonheur global, de l’épanouissement général, du bien-être de tous et non pas juste de ceux qui y ont droit parce qu’ils sont bien rangés et bien propres, font l’amour à leur femme/époux 3 fois par semaine, ne matent pas de porno, ne sont attirés par personne d’autre, pour qui, au final, le sexe n’a pas grande importance mais qui considèrent qu’une infidélité est absolument impardonnable et qu’elle signe, irrémédiablement et indiscutablement, la mort de l’amour et par extension la fin du couple ?

BULL-SHIT

« On s’en fout de la sexualité des autres ».

Bon et après il y a tous les autres.

Ceux qui clament que C’est bien beau ce qui fait bander les couples dans les chaumières, que si certains prennent leur pied dans le candaulisme, d’autre dans le libertinage et d’autre dans le bondage, ça les regarde mais que franchement, quel besoin a-t-on d’en parler, a fortiori dans la presse ? Au fond c’est d’un ennui mortel…

Est-ce que le sexe ne devrait pas rester purement du ressort de l’intime, chacun chez soi, terré dans son pieu et les amants seront bien gardés ?

Encore une fois, je ne suis pas du tout d’accord. Je pense qu’on doit parler de sexe, et surtout de sexe « hors-norme ».

Déjà j’aimerais dire à tous ceux qui estiment que le sexe devrait rester dans la sphère de l’intime, du privé, du secret, du sacré, OUVREZ LES YEUX DEUX MINUTES.

Le sexe n’a déjà plus rien d’intime. Il est présent partout, dans notre vie et notre imaginaire collectif. On ne parle que de ça, dans les films, les bouquins, les séries, les pubs, les journaux… Et c’est très bien comme ça d’ailleurs. Le sexe est totalement banalisé aujourd’hui, on sait même ce qui se passe dans le calbut du président ! Donc arrêtez par pitié avec la sacralisation du sexe.

Le souci, c’est que la plupart du temps, on ne nous « vend » qu’une seule forme de sexe, encore une fois toujours le même : hétérosexuel, exclusif, fidèle, et entretenu naturellement et purement par l’amour éternel que se sont promis, tacitement ou non, les amants (et surtout pas par des plans a trois, des fouets ou Youporn), bref, le sexe de conte de fée, du Prince Charmant et de sa princesse et on essaye de nous faire croire que la vie, ça devrait être comme ça pour tout le monde.

Et quand on ne nous parle pas de ce sexe la, quand on ne nous parle pas du sexe happily ever after, on ne nous parle que de sexe hardocre, en mode Fifty Shade of DSK, comme si, sortis de ce cadre idyllique (et illusoire), il n’y avait de place que pour la perversion et les pratiques extrêmes, pour le mâle dominant, richissime et tout puissant, là pour terroriser ses femelles effarouchés au consentement, au mieux ambigu et au pire tarifé, voire inexistant.

Mais on ne nous parle jamais du sexe chez les gens ordinaires, chez Monsieur et Madame tout le monde, chez toi ou chez moi. Ça n’aurait rien d’intéressant ? Mais au contraire, c’est passionnant ! Et si ça ne vous intéresse pas, vous êtes libres de passer votre chemin. Perso, je ne vais pas lire les news sportives pour après aller insulter tout le monde dans les commentaires en disant que BORDEL YA QUAND-MEME PLUS IMPORTANT DANS LA VIE.

Le sexe, c’est important dans la vie (surement plus que le foot d’ailleurs).

Moi ça m’intéresse de lire ces témoignages qui sortent de la norme. Ça m’intéresse de lire que, ben si :

  • On peut être amoureux et être attiré par d’autres ;
  • On peut aller baiser ailleurs et ne pas être un connard/une salope immature, égoïste qui ne pense qu’a son petit plaisir au dépend de la pauvre petite victime de son infidélité* ;
  • On peut être fan de la soumission et ne pas être un dangereux pervers, potentiel violeur qui n’a pas résolu ses complexe freudiens ;
  • On peut faire l’amour devant des gens sans être un horrible exhibitionniste ;
  • On peut pratiquer le libertinage sans être un sale dévergondé qui souille sans vergogne le caractère sacré de l’acte sexuel lors d’orgies coquines a l’immoralité morbide ;
  • On peut savoir que son amour va voir ailleurs et ne pas ressentir de jalousie particulière ;
  • On peut être polyamoureux (et heureux)
  • On peut considérer qu’on n’est pas propriétaire du corps de l’autre et que par conséquent on n’a pas systématiquement un droit de regard, de jugement et de condamnation de ce qu’il en fera ;
  • On peut tout simplement considérer que l’amour, le désir et le cul, c’est un tantinet plus compliqué que ce qu’on essaye de nous faire avaler à longueur de temps ;

*Notez bien que je n’encourage pas l’infidélité a tort et a travers et je suis toujours (à 99,99%) d’accord avec ce que j’ai pu écrire il y a quelques mois

Et moi, si ça ne dérange pas Monsieur de voir Madame se faire prendre par un autre que lui, s’il a envie de la regarder faire l’amour sous un autre angle, s’il a envie de voir comment bouge son corps, les expressions de son visage, la passion dans ses yeux, et qu’il n’en ressent pas de jalousie, qu’est-ce que ça peut me faire franchement ? Tant qu’il la regarde avec les yeux de l’amour et pas de la perversion, tant qu’il ne se précipite pas dessus pour la violer, ou sur le mec pour lui casser la gueule, tant qu’il est gentil, respectueux, aimant avec elle, ou est le problème ? Je devrais m’offusquer qu’il ne soit pas jaloux ? Je devrais m’indigner de son absence de souffrance ?! Au nom de quoi? Au nom du fait que la jalousie, c’est vraiment trop cool?! Ce n’est pas parce que je me dis que moi je ne pourrais jamais regarder mon mec coucher avec une autre fille devant mes yeux que je dois me sentir menacée et juger ceux qui le peuvent. Ou que je doive me dire « Olala mais et si ça lui donne des idées, à mon mec ? ». Ça n’a juste aucun sens !

Parlons sexe !

Putain ça fait juste un bien fou de savoir qu’on n’a pas tous à rentrer dans ce foutu moule. Je trouve que c’est loin d’être un sujet futile et qu’on pourrait parler de choses plus intéressantes. Le cul, c’est d’une importance capitale pour le bonheur individuel et l’harmonie entre les êtres et si on en parlait un peu plus en s’affranchissant de le classer systématiquement toutes les pratiques dans des cases, tout le monde s’en porterait mieux.

C’est sûr que si vous avez une sexualité dans la norme, que vous pratiquez le sexe en suivant à la lettre tous ces principes inventés par la bien-pensance visant à définir ce que je sexe devrait être et ce qu’il ne devrait pas être, vous vous en foutrez de la sexualité des autres que vous imaginerez de toutes façons presque en tous points conforme à la vôtre puisque comment peut-il en être autrement n’est-ce-pas ? Sortis de ce cadre, c’est forcément la débandade, la perversion, le « contre-nature ».

Donc non, on ne s’en fout pas de la sexualité des autres, surtout quand « les autres » ont une sexualité qui sort un peu de l’ordinaire et sont assez courageux pour en parler. C’est sympa pour les autres, ceux qui ne sont pas comme vous, de ne pas se sentir trop seul dans leurs fantasmes, leur sexualité, de ne pas se sentir anormal, bizarre, voire carrément pervers or cruel parce que la norme qu’on nous vend, eh ben elle ne leur convient pas.

Pourquoi parler de sexe ? Pour se rendre compte qu’il n’y a pas qu’une seule manière de pratiquer sa sexualité. Qu’on n’est pas tous les mêmes, Dieu merci, et qu’on n’a pas tous à se laisser imposer de gré ou de force de coucher de telle ou telle façons parce que c’est la norme, et si ça nous rend malheureux, frustrés, mal dans notre peau, on sera bien gentil de ne pas trop l’ouvrir parce qu’il ne faudrait surtout pas choquer ces bonnes gens.

Parce que pour se découvrir sexuellement (et encore une fois je considère que c’est primordial pour les individus et la société dans laquelle ils évoluent), il faut parfois accepter de sortir de sa zone de confort. Il faut en parler, il faut lire sur le sujet, se renseigner, se documenter, et auprès de vrais gens, pas dans les films ou les livres qui renvoient toujours tous la même vision des choses.

Parce que c’est la seule façon de s’épanouir dans ce putain de monde ou on voudrait que tout le monde soit pareil, normalisé, standardisé même si ça doit être au détriment de son bien-être personnel.

Mêlez-vous de vos fesses une bonne fois pour toute et laissez les gens disposer des leurs comme ils l’entendent.

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2 réflexions sur “SEXE: en parler, oui. En juger, NON.

  1. Mais pourquoi diable lire les commentaires sur les sites d’information ? C’est encore plus déprimant que l’information elle-même… J’ai de la chance, pour l’instant, les fesses de la crémière est troll-free (je compte les comms censurés sur les pouces d’une main) mais le jour où ça m’arrivera, il faudra que je trouve un moyen de faire modérer les commentaires par quelqu’un d’autre parce rien que la perspective de devoir lire tout ça me donne froid dans le dos, et il n’est pas question que je laisse dire des horreurs chez moi donc il faudra bien modérer.

    Sinon, à propos de la tendance des gens à toujours vouloir normaliser le sexe que font les autres, j’avais écrit ça aussi : le sexe devrait être…

    J'aime

    1. Eh bien pour pouvoir donner naissance a ce type d’article, tout simplement 🙂 Mais j’avoue qu’on ne m’y prendra plus!
      Merci pour ton commentaire. Effectivement je n’ai pas lu beaucoup de trolls sur Les fesses de la cremiere. Pourtant c’est typiquement le genre de blog qui pourrait faire l’objet d’un lynchage en regle. Quoique, tes articles sont tellement bien argumentés qu’ils doivent fermer le clapet a un certain nombre de bigots.
      Oui j’avais lu cet article, je cherchais a y faire un lien d’ailleurs depuis mon article et puis finalement j’en ai choisi d’autres.

      J'aime

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