Arrêter de manger : pour ou contre ? J’ai testé le jeûne et je vous en parle!

Bonjour les amis,

Il s’est passé tant de temps depuis mon dernier article que j’en suis à me demander si je n’avais pas carrément, quelque part entre la France et le Cambodge, le boulot et les vacances, le temps à passer à sauver le monde en cuisinant végan et à mater Friends pour la 45ème fois consécutive,  oublié que j’avais un blog…

So,

A ma décharge il s’est passé tellement de choses dans ma vie dernièrement que je n’ai pas vraiment eu la tête à écrire pour vous la raconter (aussi paradoxal que cela puisse paraître).

Je vais donc vous faire un petit résumé, car je sais que cela vous intéresse énormément.

Ma vie aurait pu prendre un tournant tragique suite à la mise à mort des Guignols par un énième salaud pété de fric mais bon, après avoir pleuré pendant 24h sans interruption le pouvoir du Dieu Argent sur la liberté d’expression et la destruction progressive de notre droit à rire des tyrans et des horreurs de ce monde, il a bien fallu que je reprenne du poil de la bête.

Je suis rentrée en France pendant deux mois et c’est là que ça m’a frappé, au bout de quelques jours. Je me suis rendue compte que, ben, en dépit de tout l’amour que je lui porte, le Cambodge, j’en avais ma claque. Définitivement. Irrévocablement. Donc ni une ni deux, j’ai décidé de rentrer en France et de redevenir la connasse parisienne digne de ce nom que je n’ai jamais vraiment cessé d’être (du genre qui se déplace à vélo, mange bio et habite dans le 20ème. Je suis un énorme cliché).

Bref, l’occasion de revenir au Cambodge pour un dernier mois de débauche extrême d’adieux déchirants et de faisage de valises. L’occasion également d’un petit article car, si je n’avais rien de particulièrement intéressant à raconter ces derniers mois, depuis quelques jours il m’arrive un truc assez inédit dans ma vie : je ne mange plus.

Je ne sais pas si c’est l’angoisse du départ, l’exaltation de payer bientôt 800 euros de loyer ou les plateaux repas de Vietnam Airlines qui m’ont définitivement dégoutée de toute nourriture. Toujours est-il que je n’ai aucun appétit et donc je me suis dit que ne pas avoir faim du tout ça pouvait être une bonne raison pour faire une expérience que je n’avais jamais encore tentée : Jeûner.

Alors je sais très bien ce que vous allez tous penser…

… et je ne peux pas trop vous en vouloir car jusqu’à très récemment, j’aurais pensé la même chose et secoué la tête avec une perplexité teintée de condescendance si une personne que je considérais comme fréquentable (et croyez-moi, je les trie sur le volet) était entré dans ce genre de délire… Mais bon, je me suis dit qu’il y a un an et demi, les végans me faisaient doucement rigoler alors que, après m’être renseigné longuement sur le sujet, je comprends aujourd’hui parfaitement ces gens qui, rappelons-le, ont fait une croix définitive sur la TARTIFLETTE.

Donc bon, j’ai utilisé les ressources infinies du web international pour me renseigner sur le sujet. J’ai lu à droite à gauche des trucs et des machins : paraîtrait que ça met au repos ton système digestif et lui permet de se débarrasser des toxines, ces trucs bizarres dont on n’est pas vraiment surs surs qu’elles existent vraiment, dans le fond. Paraîtrait que ça te rebooterait le système immunitaire, genre comme quand tu débranches ton modem pendant 10 secondes quand l’Internet veut plus capter. Paraîtrait que ça libérerait l’esprit des contraintes du mental et rendrait la vie plus légère. Paraîtrait même que non non, on n’a même pas faim ou du moins, pas trop et que si si ça passe vite.

Mouais… J’étais po vraiment convaincue. En fait j’avais du mal à me faire une opinion sur le sujet. Moi je me disais Nan mais attends, notre corps est une machine, en quoi ne pas lui apporter de carburant pendant des jours l’aiderait à mieux fonctionner ? Cela dit quand ma coloc qui faisait ramadan m’a avoué, tout sourire, au bout de quelques jours, que quand-même, le fait de jeûner lui faisait se rendre compte de la chance qu’elle avait de pouvoir se nourrir à sa faim le restant de l’année et l’emplissait d’une certaine forme de gratitude pour la vie, j’en suis un peu restée comme deux ronds de flan. Et puis après mon pote Valéry (oui c’est un monsieur) a relevé également le challenge de se nourrir exclusivement d’amour et d’eau fraîche pendant 10 jours et, à l’en croire, il avait une patate d’enfer sur la fin (et pas plus faim que ça).

Tous ces petits retours commençaient à sérieusement exciter mon insatiable curiosité pour toutes ces petites choses inattendues et étranges qui peuvent se passer dans un corps et un esprit humain et qui font la richesse de l’expérience humaine et je me suis dit que le meilleur moyen de se faire une opinion sur la question serait de tester par moi-même. J’ai décidé de tenter l’expérience… un jour.

Et puis je suis arrivée au Cambodge (jeudi matin dernier). Décalquée (je ne dors pas dans l’avion car je passe douze heures à vérifier toutes les 3 minutes par le hublot qu’on n’est pas en train de tomber par terre), jet larguée et dans un état émotionnel assez chelou (quand on sait qu’on revient un mois pour enfermer 4 ans de vie dans deux valises et mettre les voiles vers un horizon inconnu, ça fait bizarre). Par ailleurs, je pense que je n’avais pas encore digéré le colin aux poireaux Vietnam Airlines (oui, c’est aussi dégueu que ça en a l’air). Et pour finir, y avait rien dans mon frigo (normal puisque ces 2 derniers mois j’en avais confié la gestion à mon homme). Je n’ai donc rien avalé de la journée. Le soir, mon homme en question m’a traînée au jap ou j’ai avalé quelques makis sans grande conviction.

Le lendemain, vendredi, rebelote. Frigo vide, aucun appétit. J’en déduis que c’est le moment idéal pour faire ce fameux jeûne. En effet, à part les traditionnels événements sociaux du vendredi soir, il ne se passera pas grand-chose à Phnom Penh les jours prochains puisque le Cambodge fête sa Toussaint et que tout le monde est en vacances. D’ailleurs, la plupart des restos étant fermés, je n’aurais rien de mieux à foutre que de ne pas bouffer. Le contexte est pour ainsi dire parfait.

Le soir, au resto avec mes amis, j’ai pris une salade parce que vraiment, je voulais faire les choses bien et commencer mon jeûne sainement (après j’ai bu 64 bières sur la soirée mais c’est une autre histoire…).

Le lendemain, samedi donc (ça va vous suivez ?), j’ai fait 3 litres de bouillon de légumes et je ne me suis nourrie que de ça, de thé vert et de tisanes pendant les 3 jours suivants (si).

Ce qui nous amène donc à lundi soir. Comme mon amoureux et moi sommes à peu près les 2 seuls êtres vivants à être restés à Phnom Penh en cette période de célébration des morts, on s’est un tantinet fait chier et Antoine a fini par brailler que Ouiiiiiinnnnn à cause de ton jeune de merde, on peut même pas dire de sortir dîner au resto.

Donc en grande partie pour lui faire plaisir (on se faisait vraiment vraiment chier) j’ai décidé de rompre mon jeûne et de l’accompagner au resto.

(Je voulais y aller mollo sur la reprise donc j’ai mangé un welsh (pour les novices, c’est une spécialité nordiste à base de fromage fondu dans de la bière sur une tranche de pain avec du jambon et – thank god – une salade verte) et une énorme dame blanche (sic). Valéry m’avait dit que certaines personnes étaient mortes après avoir avalé un steak-frites-mayonnaise après un jeûne à l’eau de 21 jours. Je n’en étais pas la non plus mais je m’attendais quand-même a ce que mon corps ait une petite réaction de protestation devant les 200 grammes de fromage que je me suis mise d’un coup dans le gosier, après n’y avoir mis que de la nourriture liquide pendant tout ce temps. Eh bien non, pas du tout, il n’en a absolument rien eu à cirer et il a digéré son cheddar tranquilou bilou. J’aurais trop aimé me retrouver prise de convulsions incontrôlables sur le fauteuil du resto chic ou on était et entendre Antoine hurler « Please call 911 ! Cette femme va mourir d’un welsh ! » mais non, il ne s’est rien passé de tel. #deg 😦 )

Allez trêve de rigolage, un peu de sérieux. Franchement, je ressors de cette expérience assez… conquise par les vertus du jeûne et je n’hésiterai pas à remettre le couvert un de ces quatre.

Why ?

Bon, sur le plan physique, à part avoir perdu 3 kilos, il ne s’est pas passé grand-chose de spectaculaire. Je n’étais pas plus ni moins fatiguée que d’habitude. J’ai dormi normalement même si je souffre comme jamais du jetlag cette année, va savoir pourquoi (c’est la vieillesse je pense) (et puis j’avoue que ne pas manger prive les journées du rythme que leur confèrent les repas, ce qui n’aide pas beaucoup à se remettre dans le bain temporel). Je n’ai rien fait de particulièrement physique à part monter les 5 étages qui mènent a mon appart donc je ne sais pas trop de ce côté-là mais globalement j’étais plutôt en forme, voire même en meilleure forme que quand je fais 3 repas par jour. J’ai beaucoup dormi mais une fois réveillée je n’avais pas de coup de barre. Et effectivement, la faim n’est pas du tout omniprésente. Elle arrive, elle repart… Rien d’insupportable, on s’y fait sans problème.

C’est sur le plan mental que j’ai en revanche constaté des changements assez flagrants qui me convainquent vraiment des bienfaits de cette « purge ». Pendant toutes mes journées de jeûne, je me suis sentie l’esprit très clair, reposé et calme. Je suis arrivée au Cambodge toute triste et anxieuse de me dire OH MY GOD, THIS IS IT 😥😥😥 et en fait cet état d’esprit est vite passée. Je me suis sentie sereine, en paix, bien. Et lors de mes quelques séances de méditation (oui, je fais aussi ce genre de trucs de bobos) (ou hipsters je ne sais jamais) (de toutes façons on utilise trop ces termes, à force ils ne veulent plus rien dire), j’ai pu constater qu’il m’était beaucoup plus facile de me concentrer sur ma respiration et mon corps et que mon esprit était beaucoup moins pollué par le bruit de fond de la pensée compulsive que d’habitude (j’aime trop sortir ce genre de phrase. Please don’t judge me).

Voilà comment je l’explique: je pense que l’alimentation, comme tout plaisir de la vie, a son revers et génère, chaque jour, son lot de stress, d’attente, de frustration. Réfléchissez à tous ces moments de votre journée ou vous pensez à bouffer et que vous passez à attendre le prochain repas. Tout cet accaparement mental sur une promesse de plaisir futur et qui vous éloigne de ce qui se passe ici et maintenant. Lorsque l’on décide, en conscience, de se passer de nourriture pendant quelques jours (pas pour toujours, bien sûr, sinon on meurt, malheureux ! Et pas sous la contrainte parce que c’est la dèche ou que vous êtes à Dachau), certes, on supprime ce plaisir mais on supprime également tout ce stress, ces attentes, cette frustration. Et cela libère un champ mental considérable (nan parce que vraiment, on y pense, genre, BEAUCOUP). Cela nous ancre dans l’instant présent puisqu’on n’est pas sans cesse en train de penser à notre prochain repas, on est ici et maintenant. Or l’instant présent, qu’on se le dise, c’est la porte d’entrée à la paix de l’âme mes enfants.

the-present-moment-is-thich-nhat-hanh
CHEESY GURU QUOTES ALERT!!!

En outre le jeûne participe aussi à une certaine forme de reprise en main de son corps dont vous n’êtes plus esclave des pulsions nourricières, ce qui confère une certaine maîtrise et une confiance en soi insoupçonnée. Et puis je ne sais pas, se dire qu’on peut passer quelques jours sans nourriture sans ressentir de manque particulier, et en se sentant même mieux dans sa tête, je trouve que ça a quelque chose de… libérateur. De rassurant. Genre, en cas d’échouage sur une île déserte ou de due-date pour le loyer à Paris par exemple…

Pour ma part, je suis très contente d’avoir tenté l’expérience et je pense que je recommencerai à l’occasion, dans des périodes de stress ou pendant un coup de déprime par exemple. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je suis certaine que ne pas ou peu manger m’aidera à surmonter mes difficultés en, comme je l’ai dit plus haut, libérant l’espace mental nécessaire pour y faire face avec calme et sérénité. Je suis assez convaincue par ce que j’ai pu ressentir et me sens plus forte d’avoir appris cela.

Alors oui, je sais que ça peut avoir l’air d’une espèce de caprice d’enfant gâté qui a grandi dans un contexte d’abondance de nourriture de décider de s’en priver pour éveiller son esprit et alléger son corps et que franchement, les petits africains qui meurent de faim, ça les ferait bien halluciner et c’est pas très respectueux pour eux de traiter pendant quelques jours comme une « option » cette nourriture que nous avons la chance d’avoir et dont eux manquent cruellement… J’ai déjà entendu cet argument mais je le trouve de moins en moins recevable. D’abord parce qu’en cessant de manger, je ne prive pas ceux qui meurent de faim de nourriture. Ce n’est pas parce que je jeûne que je cautionne la famine et la malnutrition. Ensuite parce que c’est même plutôt l’inverse qui se passe. On sait maintenant que les régimes riches en viande, le gaspillage alimentaire et la surabondance de bouffe en général dans les pays développés sont responsables d’un certain nombre de problèmes dans les pays en développement (déforestation, dégradation des sols, spéculation sur les matières premières, accaparement des terres, sécheresse et j’en passe) qui, plus ou moins directement, causent malnutrition et famines. Donc jeûner de temps en temps, cela peut au contraire être considéré, au même titre que la consommation d’un maximum de produits végétaux, locaux, bio et de saison, comme un geste pour la planète et les hommes d’aujourd’hui et de demain.

Image extraite du film Human de Yann Arthus Bertrand
Image extraite du film Human de Yann Arthus Bertrand

VOILA VOILA 🙂 Cet article ne relate que mon expérience mais sachez que de nombreuses études se sont penchées sur le sujet et que les résultats qui en ressortent sont plutôt positifs, sur la santé notamment et la guérison de nombreuses maladies (j’ai un peu la flemme de vous mettre des liens, soyez gentils et allez voir sur l’ami Google, merci). Après, ce qu’en dit la médecine traditionnelle n’est pas toujours folichon (et pas toujours bien documenté non plus…). A chacun de se faire son opinion ! 🙂

 

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