Pourquoi je ne voterai pas en 2017 (et ce que je propose à la place)

Voilà. C’est fait. C’est réfléchi, mûri, décidé, assumé et annoncé sur le web international : je ne voterai pas en 2017.

J’ai écrit ce lo(ooonnn)ng article pour vous expliquer le pourquoi de cette décision qui repose sur une non-moins longue réflexion que je mène depuis plus d’un an. Alors soyez gentils. Avant de me traiter de traître à mon pays, de me couvrir d’opprobres, de me jeter de grands « Tes ancêtres se sont battus pour ce droit de vote !! » au visage, de m’accuser de « faire le jeu du FN », de dire que je ne suis bonne qu’à râler plutôt qu’à m’engager (moi ? MOI ?!), de répéter ce qu’on vous a appris à l’école républicaine, prenez 10 minutes dans votre vie pour faire l’effort de me lire, de me comprendre et, peut-être même, de m’imiter…

Ok ? 🙂

Une précision tout d’abord : en n’allant pas voter en 2017, je ne me place pas dans une position qui va à l’encontre du vote, mais à l’encontre de l’élection de « représentants » (ben oui c’est tout à fait différent).

Pourquoi ?

Ben parce que justement, j’en ai marre d’être « représentée », et surtout par ces gens là. J’en ai marre d’aller élire des maîtres, des chefs suprêmes, des tyrans omnipotents qui vont ensuite passer 5 années à :

  • Tout décider à ma place sans jamais me demander mon avis sur les règles qui vont régir mon pays et ma vie ;
  • Trahir minutieusement toutes leurs promesses de campagne ;
  • Servir uniquement les intérêts de l’infime minorité qui aura eu la puissance financière et l’influence médiatique nécessaire pour les mettre au pouvoir ;
  • Et avoir le culot de prétendre de nous vivons en « démocratie » pour la seule et unique raison qu’on remettra la même bouffonnerie 5 ans plus tard.

Moi je dis : non. Je n’adhère plus. Je boycotte. Je boude les élections. J’en ai assez qu’on me prenne pour une poire.

Quid démocratie ?

La démocratie (du grec dêmos : peuple et kratos : pouvoir), c’est le pouvoir au peuple. Le pouvoir au peuple. Mais genre, tout le temps. Quotidiennement. Pas juste une fois tous les 5 ans (allez, un peu plus si on compte les régionales, les municipales et compagnie) en vue de désigner, parmi des gens que l’on a pas choisis à la base, des maîtres qui pourront ensuite pendant toute la durée de leur mandat trahir allègrement la confiance que l’on aura mis en eux et tous leurs engagements, nous entraîner dans la guerre, enfreindre eux-mêmes les lois qu’ils auront mis en place, sans que l’on ne puisse rien y faire. Le pouvoir au peuple, et pas à des « représentants du peuple » dont les idées, le parcours, le mode de vie ne pourraient pas être plus éloignés de celui-ci.

Un pouvoir au peuple qui ne s’exerce que très occasionnellement n’est pas un réel pouvoir. C’est un leurre, un attrape-nigaud, une imposture totale. C’est la poudre que l’on nous jette aux yeux depuis notre plus tendre enfance et qui nous empêche de voir que l’élection n’est pas la démocratie. Qu’« élire » n’est pas « voter ». Qu’être « électeur » à l’occasion n’est pas être « citoyen » en permanence. Certes, il nous reste la liberté d’expression, de manifestation, de pétition mais sans aucune force contraignante. On peut gueuler tant qu’on veut : si ceux contre lesquels on gueule ont décidé de ne pas nous entendre, nous restons impuissants…

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Nous vivons en démocratie et, par définition, nous n’avons pas à être impuissants. Nous sommes concernés par les règles qui vont régir notre pays et notre vie et nous avons le droit d’émettre un avis sur ces règles. Et cet avis, nos représentants ont le devoir de le prendre en compte. En vertu de quoi auraient-ils à nous imposer quoi que ce soit ? N’est-ce pas horriblement dégradant pour nous de les laisser faire?

Je veux voter mais je refuse d’élire. Je ne veux plus élire des maitres, je veux voter des lois. Je veux que l’on me demande mon avis. Je veux qu’il soit pris en compte. Je veux avoir ce pouvoir. Et je veux le partager avec tous les citoyens français. Car personne ne saura mieux nous représenter que nous-mêmes et personne ne saura jamais mieux ce dont nous avons besoin pour nous épanouir, vivre ensemble et être heureux que nous-mêmes.

Les moyens de remettre le peuple au cœur des décisions qui le concernent existent – j’y reviendrai. Ils fonctionnent. Ils ont été testés dans le passé. Ils continuent d’être testés dans le présent. Avec succès. Nous pouvons instaurer notre puissance. Il faut juste que nous le voulions TOUS. Et que nous le réclamions TOUS. Ensemble, nous serons plus forts qu’eux.

Élection, piège à cons*

*Palme du sous-titre le plus ringard de ce blog (voire de la blogosphère toute entière)

L’élection est un processus fondamentalement pervers qui ne nous apportera jamais aucune solution. Et l’information tout azimut et les médias de masse ont aujourd’hui achevé de le transformer en ce qui était déjà contenu dans l’œuf à l’origine : une vaste comédie où c’est à celui qui gueulera le plus fort, qui attirera le plus l’attention, qui saura le plus faire parler de lui et qui montrera le plus sa face sur les plateaux télés (il faut voir les similitudes entre les courbes de passage à la télévision et les résultats des élections, c’est effrayant). C’est une insupportable mascarade dont nous sommes à la fois les victimes et les plus ardents défenseurs, dans un formidable paradoxe dont la logique nous échappe.

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Le président qui sera élu ne le sera pas parce que c’est le meilleur représentant du peuple. Il sera issu de la même classe sociale que les autres, sortira de la même école que les autres et aura, à quelques différences près, le même parcours politique. Ni parce que son programme (qu’il ne respectera sûrement pas) est le plus adapté aux défis de notre temps. Ni parce que c’est le plus intègre des candidats (au contraire, il faut mentir pour être élu). Ni parce qu’il est particulièrement visionnaire. Ou particulièrement altruiste. Ou particulièrement talentueux. Ou parce qu’il aura fait ses preuves dans le passé.

Non. Il se sera forgé une bonne image à l’aide des professionnels de la communication qui l’entourent. Il se sera choisi des bons copains parmi les patrons des grands groupes de presse (à ce sujet je vous recommande l’excellentissime film Les nouveaux chiens de garde – ou l’essai de Serge Halimi dont il est tiré – qui analyse les relations entre pouvoirs, argents et médias… ou comment ne plus jamais allumer la télé, la radio ou ouvrir un journal de la même façon – film complet ici). Et il aura trouvé du fric où il pouvait : dans les poches de vieilles héritières, de dictateurs sanguinaires ou de magnats du pétrole et des armes par exemple.

Dans la gigantesque comédie qu’est devenue la politique française (et pas que française), il ne faut pas grand-chose de plus comme ingrédient pour mener une campagne électorale et prendre le pouvoir. Pour ensuite rendre des comptes… non pas aux électeurs, qui ne sont que les spectateurs impuissants de cette grotesque représentation, mais à ceux qui tirent les ficelles de cet écœurant théâtre de marionnettes…

Les élections nous dépolitisent en nous réduisant à des électeurs ponctuels au lieu d’être des citoyens permanents. Elles sont réductrices dans le choix des candidats proposés (ou plutôt imposés par les partis). Elles nous dépossèdent du pouvoir et le réservent à une classe de professionnels de la politique qui ne représentent plus qu’eux-mêmes. Elles sont fondamentalement corruptibles puisque le coût d’une campagne électoral est tel que nos représentants sont, une fois élus, à la botte de leurs « sponsors » (dont les intérêts sont une fois de plus bien éloignés des nôtres…). Elles sont en outre profondément perverses : elles prétendent nous offrir une grande liberté d’expression qui se réduit en fait à un vote épisodique pour des chefs davantage concernés par la domination sur le peuple que par le souci d’être à son écoute et à son service. Et si la gestion politique du pays est catastrophique, si les maîtres que l’on s’est « choisis » trahissent leurs engagements au dernier degrés, c’est encore les électeurs qu’on viendra blâmer pour n’avoir pas fait le bon choix, ou les abstentionnistes pour ne pas avoir fait de choix tout court.

On n’en sort pas.

Et qu’on ne vienne pas me dire que si, il faut quand-même se mobiliser pour élire les bons, les vrais, les gentils politiques. Ceux qui ne nous trahiront pas, qui respecteront leurs promesses et remettront la France sur le chemin de la prospérité. Même si on compte sur leur intégrité et leur incorruptibilité (qui serait tout à fait extraordinaire dans l’histoire des hommes au pouvoir), le simple fait qu’on ne puisse les récuser s’ils nous trahissent, ou donner notre avis sur les décisions qu’ils souhaitent prendre nous met en danger et en position d’impuissance face à eux. Avant de me parler de Dupont-Aignan, d’Asselineau ou de Mélenchon (et je ne doute pas de leur bonne foi), allez faire un tour en Grèce pour voir ce que le président le plus à gauche de toute l’UE, et qui avait sûrement le plus à cœur les intérêts de sa population depuis des décennies, a fini par accepter sous la pression européenne…

Pourquoi continuer d’y croire ?

La terrible mécanique du pouvoir rendrait fou, après un certain temps, même le plus sain d’esprit des hommes. Il n’y a qu’à voir le nombre d’hommes de pouvoir qui ont su conserver une vertu inébranlable et une éthique forte… « C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. […] Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. » (Montesquieu).

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L’abstentionnisme en procès

Les abstentionnistes (dont je fais désormais partie) sont souvent taxés de tous les maux (surtout depuis quelques jours…). On leur reproche de ne pas savoir honorer les combats de leurs ancêtres pour un droit durement gagné. On les traite de fainéants même pas foutus de se déplacer jusqu’au bureau de vote, d’égoïstes, d’indifférents. On les accuse de faire le jeu d’idéologies extrémistes. On les accuse d’être blasés, coincés dans un immobilisme résigné. On les rend en partie responsables de la déplorable gestion du pays par les politiques au pouvoir. Ils n’avaient qu’à aller voter…

Et moi-même j’ai participé pendant longtemps à ces accusations.

Je ne nie pas que ces critiques soient infondées pour tous les abstentionnistes et il n’y a rien qui m’agace plus que le cynisme poussé à l’extrême, la résignation par principe et la critique non-constructive. Peut-être que ces gens là feraient mieux d’aller voter en effet plutôt que de se complaire dans l’immobilisme. Mais tous les abstentionnistes ne sont pas comme ça – et je parle en connaissance de cause. On pourrait dire que certains représentent une frange ultra-démocratique, humaniste et sociale de l’abstentionnisme. On pourrait l’appeler « l’abstentionnisme engagé ».

Des gens qui, en n’allant pas voter, s’engagent dans un boycott, affirment leur désaccord avec l’élection, cette méthode de désignation de nos représentants injuste, aristocratique, oligarchique, ploutocratique, antidémocratique, antisociale, anti peuple, anti-nous, tout simplement.

Des gens qui, au lieu de perdre leur temps à lire d’interminables programmes aussi trompeurs qu’illusoires ou à regarder des débats télévisés qui ressemblent davantage à une joute verbale à mort pour écraser l’adversaire qu’à de vraies discussions d’idées constructives, cherchent des alternatives, réfléchissent réellement aux moyens d’instaurer une véritable démocratie. Une démocratie qui reconnaîtrait le droit de chacun à participer à la vie publique et à l’élaboration des lois de son pays.

Car ces moyens existent. On voudrait nous faire croire que non. On voudrait nous faire croire que l’élection est la panacée – et nous, naïfs et ignorants que nous sommes, nous y croyons et la défendons mordicus – mais c’est faux.

Et si on tirait au sort nos représentants ?

« Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie, le suffrage par choix est de celle de l’aristocratie. » (Montesquieu)

Et donc, que faire ? Ben oui parce que c’est bien beau de critiquer l’élection mais une question se pose ensuite : quoi instaurer à la place pour garantir une vraie démocratie ?

Et c’est là qu’intervient l’idée de tirer au sort nos représentants.

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Hola hola, ne partez pas trop vite, attendez un peu que je vous explique… Je sais ce que vous pensez: « Qui dit « tirage au sort » dit « hasard », donc imprévisibilité du résultat et possibilité de désigner « n’importe qui », y compris des affreux. Cela semble absurde a priori et c’est normal : comment peut-on voir le tirage au sort comme clé de voûte de la démocratie alors que l’on nous a toujours dit que c’étaient les élections qui caractérisaient la démocratie ? » (source: www.lavraiedemocratie.fr).

Mais réfléchissons-y quand-même, hmm?

Saviez-vous que dans le berceau de la démocratie, à Athènes dans l’antiquité, ce n’était pas les élections que l’on utilisait pour désigner les représentants du peuple mais bien le tirage au sort. Si tout le monde sait où est née la démocratie, peu de gens sont au courant de ce fait, savamment occulté des manuels d’histoire…

Eh oui, pendant les 200 ans qu’a duré la démocratie athénienne – et qui, rappelons-le, a pris fin à cause de défaites militaires et non à cause de dysfonctionnements structurels –, les représentants du peuple étaient des gens lambdas. Des gens comme vous et moi (bon, sauf que les femmes n’étaient pas considérées comme partie prenante de la vie politique mais on n’est pas obligé de faire pareil…). Et cela fonctionnait assez bien pour que l’on en fasse le modèle de la véritable démocratie dans le monde entier… en en oubliant JUSTE la pierre angulaire mais passons.

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Ça vous rappelle un hémicycle?

Alors bien sûr il existe de légères différences entre la Grèce antique et le monde moderne, dans toute sa complexité et sa surpopulation notamment. Mais ne jetons pas tout de suite bébé avec l’eau du bain. Sans en copier trait pour trait les caractéristiques, peut-on réfléchir à un moyen de transposer le modèle du tirage au sort athénien à la situation française et quel serait l’intérêt de le faire?

Concrètement…

L’idée du tirage au sort, c’est de laisser le hasard désigner un nombre de décideurs assez élevé pour être le plus statistiquement représentatif possible de la population. D’après la loi des grands nombres, ce chiffre, en France, tournerait autour de 1000 personnes – rien d’ingérable donc. Ces représentants se verraient offrir des responsabilités de gestion du pays limitées dans le temps. Leur travail serait public et consultable à tout moment par l’ensemble des citoyens (Internet jouerait un rôle considérable dans ce processus). Ils plancheraient en premier lieu sur un projet de Constitution digne de ce nom et vraiment destiné à nous protéger des abus de pouvoirs (la Constitution de la 6ème République, ou plutôt de la première Démocratie !), et seraient ensuite en charge d’élaborer ou de modifier les lois, lois qui devront ensuite être approuvées par référendum par la population française.

Contrairement à l’élection, le tirage au sort est fondamentalement équitable, impartial, égalitaire et incorruptible. Si tant est que le nombre de tirés au sort était assez élevé, il nous permettrait d’atteindre des niveaux de représentativité des citoyens jamais atteints auparavant. La rotation des charges empêcherait la formation d’une classe de politiciens professionnels privilégiés et croyant avoir tout compris mieux que tout le monde (avez-vous l’impression que les politiques vous comprennent, vous ?) et les gouvernants seraient forcément à l’écoute et au service des gouvernés puisqu’ils en rejoindraient bientôt à nouveau les rangs. Et de plus, il serait bien moins coûteux que les faramineuses campagnes électorales.

Vous vous dites sans doute que la politique est une affaire trop sérieuse pour être laissée à Monsieur et Madame tout-le-monde… Et pourtant on la laisse bien entre les mains de décideurs dont la corruptibilité, la malhonnêteté, la malveillance et l’absence de regard pour l’intérêt général ne sont plus à prouver – ce qui n’est pas bien étonnant dans la mesure où leurs intérêts et ceux de leurs proches sont diamétralement opposés à ceux de la population dans son ensemble – pour ensuite constater avec amertume et impuissance ou cela nous mène jour après jour. Et le pire, c’est qu’on en redemande !

Avec un peu de bon sens, beaucoup d’honnêteté et un gros travail d’éducation, tout le monde ou presque est capable de faire de la politique. Cela se travaille. Cela s’apprend sur le tas. Ne soyons pas des recruteurs de nous-mêmes avares et étroits d’esprit en nous disant que nous n’avons pas l’expérience nécessaire pour le poste. La compétence s’acquiert en travaillant. Et elle est de toute façon bien moins importante que l’honnêteté, l’intégrité et la vertu dans l’exercice de la politique.

Arrêtons de croire que nous ne sommes pas capables de faire de la politique. Arrêtons de nous prendre pour des imbéciles et prenons-nous pour ce que nous sommes : des citoyens adultes, matures, responsables qui, tous les jours, faisons déjà de la politique. Sans même nous en rendre compte, avec notre famille, nos amis, nos collègues, nos voisins et tous les inconnus qui nous entourent, nous organisons le « vivre-ensemble ». Avec civisme, avec respect, avec tolérance, nous rendons la société viable.

C’est cela, faire de la politique. Ce n’est pas plus compliqué que cela. C’est valable à toutes les échelles : famille, entreprise, école, village, ville, département, région, état, monde. Nous sommes tous capables de faire de la politique. Nous en faisons déjà. Et ce qui est valable à une petite échelle l’est également à une plus grande.

On peut trouver de nombreuses objections à l’idée du tirage au sort et il va sans dire que son caractère radical et révolutionnaire soulève de nombreux questionnements : comment faire confiance aux gens lambdas pour prendre de vraies décisions progressistes lorsque l’on sait qu’au lendemain de l’abolition de la peine de mort en France, un sondage dans le Figaro révélait que 63% des français y étaient opposés (également valable avec le mariage pour tous ou encore l’avortement) (FYI réponse ici – point 2, objection 3) ? Que faire des tirés au sort qui n’ont aucune envie ou ne se sentent pas capables d’exercer le pouvoir (réponse sur la même page au point 2, objection 1) ? Comment espérer qu’autant de personnes avec autant d’intérêts différents puissent se mettre d’accord alors qu’il est parfois déjà si difficile de s’entendre à 2 (réponse au point 5, objection 1)? Que faire en cas d’urgence quand des lois doivent être votées et des mesures mises en place très rapidement et qu’il n’y a pas de place pour le débat (réponse au point 5, objection 3)? Dans la pratique, comment mettre en place un tel système à l’échelle nationale ? Etc.

Sachez que toutes ces objections (et de nombreuses autres – toutes valables) ont été soulevées à de nombreuses reprises par des détracteurs du tirage au sort et réfutées par ses défenseurs. A vous de vous faire votre propre opinion (cf. liens à la fin de l’article).

L’idée d’introduire, au moins partiellement, du tirage au sort en politique est défendue par une communauté de plus en plus large de citoyens dont je fais désormais partie. On les appelle parfois les « Gentils Virus » car ils se sont donné la mission de « contaminer » le reste de la population en répandant de manière virale un message simple en apparence – « Parce que ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir, nous voulons une assemblée constituante démocratique et représentative, donc tirée au sort » – mais qui pourrait avoir des répercussions politique d’une ampleur jamais atteinte à condition que chacun d’entre nous s’en saisisse, le comprenne, le diffuse et le mette en pratique.

A nous de faire le boulot. Arrêtons d’attendre que la solution nous tombe du ciel ou des élus. Elle viendra de nous (ou ne viendra pas du tout).

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Si le peuple était au pouvoir…

Cela peut paraître fou, complètement inconscient, inconsidéré, dangereux, et pourtant… Regardez autour de vous. Voyez-vous des gens qui, si on leur donnait pendant quelques mois des responsabilités politiques, s’en serviraient pour faire le mal autour d’eux ?

L’immense majorité d’entre nous se fiche de faire le mal. L’immense majorité d’entre nous se fiche de faire la guerre. L’immense majorité d’entre nous se fiche d’être milliardaire, de vendre des armes ou d’envahir d’autres pays. L’immense majorité d’entre nous voudrait juste mener sa petite vie, être heureux, profiter de ses proches, avoir une jolie maison, bien manger, boire du vin, écouter de la musique, faire l’amour, lire des livres, traîner sous la couette, aller au ciné, envoyer ses enfants à l’école, travailler, pouvoir être soigné quand elle est malade, se balader, écouter les oiseaux chanter, rire… Bref, jouir de la beauté du monde et de celle de la vie.

L’immense majorité d’entre nous se rend bien compte du danger que représentent les politiques néolibérales qui vendent nos économies aux marchés financiarisés, de l’urgence qu’il y a à entamer la transition écologique, à retrouver un mode de vie sain, à s’écouter les uns les autres, à lutter contre le terrorisme, le fanatisme, l’ignorance, la misère, et pour la liberté, le bien-être, l’environnement, le respect de chacun, l’éducation, la santé publique… Je pourrais continuer comme ça sur des lignes et des lignes.

Et ceux qui ne l’ont pas encore compris peuvent l’apprendre bien vite si on leur donne les clés pour sortir de l’impuissance politique qui les pousse au retranchement sur eux-mêmes, à la négativité, au cynisme, au pessimisme, à la culture de l‘indifférence, de l’ignorance et de la résignation…

Ce que l’immense majorité d’entre nous n’a pas encore compris, c’est que tout est possible si l’on s’attaque en premier lieu à la cause des causes de nos problèmes et de nos injustices. Et cette cause :

  • Ce ne sont pas les banques.
  • Ce ne sont pas les étrangers.
  • Ce n’est pas la crise économique.
  • Ce n’est pas le chômage.
  • Ce n’est pas le terrorisme.
  • Ce n’est pas la montée des radicalismes.
  • Ce n’est pas le FN.
  • Ce n’est même pas les politiques.

La seule et unique cause de nos problèmes, c’est notre impuissance à les régler.

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Remédions-y ! Retrouvons cette puissance. Réclamons cette puissance. Ca ne sera peut-être pas facile mais ce n’est pas une raison pour ne pas essayer. Ensuite, seulement, nous construirons, ensemble, le monde que nous avons envie de construire. Faisons nous confiance, reprenons en main notre pays, notre destin, notre vie.

Le jour ou nous aurons tous compris cela, que c’est à nous de décider pour nous, que nous ne devons plus accepter d’être impuissants, les choses changeront. On pourra dire: Le changement, c’est maintenant.

Et, pour changer, ça sera vrai 😉

A NOUS DE JOUER.

PS: Et NON, je ne vais pas aller voter juste pour faire « barrage au FN » et cet argument contre l’abstentionnisme, il commence à bien faire! Depuis dimanche, je lis des choses extrêmement violentes à l’encontre des abstentionnistes, comme si tout était encore de leur faute. Pour moi c’est adopter exactement la même stratégie que le FN, à savoir se choisir des boucs émissaires et les rendre responsables de tous les problèmes. Cela dénote d’un manque de logique et de tolérance assez effarant. Déjà, il me semble qu’en démocratie, on pensait et on agissait librement. Le droit de vote est avant tout un droit et on a le libre choix de l’exercer ou non. Si vous contredisez ce fait, c’est simplement que vous n’êtes pas démocrate mais totalitaire. Le simple fait de dire qu’il faille se déplacer pour « voter utile », « voter contre » montre à quel point l’élection est un processus pervers, chimérique et anti-démocratique qui n’offre que des choix par défaut. A chaque élection c’est la même histoire. En ce qui me concerne je suis persuadée que c’est contre l’élection qu’il faut lutter et je ne vais pas trahir tous les principes que je viens de vous exposer juste pour contrer le FN. Qu’il passe! Ça sera regrettable, dramatique même mais lorsqu’on se sera rendu compte quelle merde c’est, lorsque ce dernier recours aura été utilisé, peut-être qu’on se décidera à se tourner vers d’autres processus réellement démocratiques… (même si, entre nous, je pense que Marine Le Pen a peu de chances de réaliser son programme puisqu’elle sera, comme tous les autres, soumise au joug des lobbys, de la finance et des institutions européennes, autrement dit les vrais fachos dans tout ça)

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Pour aller plus loin :

  • La vidéo qui résume tout (et dont, en ce qui me concerne, tout est parti);
  • Le lien du site La Vraie Démocratie vers l’argumentaire en défaveur de l’élection et en faveur du tirage au sort – Attention, alerte retournage de cerveau ! – avec notamment des réponses argumentées à de nombreuses objections soulevées en défense de l’élection et en défaveur du tirage au sort ainsi qu’une sorte de plan d’action pour instaurer le tirage au sort;
  • Le film « J’ai pas voté » qui offre une bonne synthèse de l’anti-démocratie dans laquelle on vit et des alternatives qui y existent;
  • Une réponse (un peu vieille mais pertinente) d’Etienne Chouard à d’autres objections au tirage au sort soulevées par François Asselineau, candidat du parti UPR aux élections présidentielles;
  • Le site Internet et le groupe facebook Le message.org, à diffuser et à comprendre pour reprendre le pouvoir !;
  • La (passionnante) conférence TEDX d’Etienne Chouard sur la cause des causes de l’impuissance politique du peuple;
  • Globalement je vous invite à taper Etienne Chouard sur Youtube et à regarder toutes ses vidéos (surtout celle-là, celle-là et celle-ci) (ah, et celle-là aussi !), vous en sortirez peut-être un peu dépité mais beaucoup, beaucoup moins con;
  • Un débat élections vs tirage au sort (une fois de plus je vous encourage à vous faire votre propre opinion et non de suivre une opinion toute faite émise par quelqu’un que vous jugez plus intelligent ou mieux renseigné que vous – en gardant en tête toutefois que vous faites peut-être erreur et que vous pouvez à tout moment changer d’avis…);
  • Un article du blog de médiapart CONTRE le tirage au sort, par souci d’honnêteté intellectuelle (à titre personnel je le trouve à chier mais c’est vous qui voyez) :);
  • Encore un article de Slate sur le sujet et un autre qui pose la question – légitime – de savoir si on vit toujours en démocratie;
  • Un article sur ce qui s’est passé en Islande et qui aurait du se passer dans tous les pays d’Europe en 2008… Mais il n’est jamais trop tard 🙂

 

 

 

 

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8 réflexions sur “Pourquoi je ne voterai pas en 2017 (et ce que je propose à la place)

  1. Intéressant tt ça ma bibine même si je pense que tu aurais pu être un peu plus synthétique et un poil plus neutre à certains moments dans les mots que tu choisis. Mais ça c’est ton côté enthousiaste et militant.
    Je me permets une toute petite remarque, toi qui a si souvent corrigé mes fautes en prépa. Il me semble qu’il y a une faute d’orthographe dans la phrase :
    « Ça sera regrettable, dramatique même mais lorsqu’on se sera rendu compte quel merde c’est, lorsque ce dernier recours aura été utilisé, peut-être qu’on se décidera à se tourner vers d’autres processus réellement démocratiques »
    Merde étant un mot féminin, le mot « quel » devrait être « quelle ». Comme ton article est assez long, tu devais être fatiguée en arrivant au bout et tu n’as pas du le voir.
    J’aime bien tes articles sérieux mais j’aime aussi tes articles plus légers. Le fait que tu te sois trompée sur un accord du mot merde a en partie comblé le manque d’humour de l’article.
    Bisous ma bibine!

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  2. J’ai entendu dire qu’il y aurai une marche d’organisée le jour de la prochaine élection présidentielle de 2017 pour les abstentionistes afin de devenir visible. Avez-vous des infos?

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