« La démocratie, c’est compliqué! » Ben oui.

Comme souvent je m’inspire de discussions avec mes proches pour nourrir ma réflexion sur Comment changer le monde, et ensuite mon blog qui n’est ni plus ni moins que l’espace d’expression de ces réflexions.

A l’origine de ce post donc, il y a une discussion. Une discussion qui remonte à quelques semaines avec deux personnes qui me sont chères.

On parlait, je vous le donne en mille, de démocratie. De comment la faire vivre réellement, de comment impliquer le peuple dans les réflexions et les décisions qui le concernent directement.

De mon côté, sans surprise, je défendais mordicus des processus qui, à mon sens, le permettrait. A savoir la possibilité de débattre, tous ensemble, des grandes et petites questions politiques, sociales, économiques, écologiques, la mise en marche de notre cerveau collectif, la réflexion commune sur les enjeux de notre temps, sur l’avenir que l’on veut construire et bien sûr la possibilité, au terme de cette réflexion, pour chacun d’exprimer sa voix, son avis par le vote de règles, de lois  (et non par l’élection qui – quoi qu’on en dise – n’est pas ce pour quoi nos ancêtres se sont battus et dont le résultat (les élus) n’est pas représentatif de la volonté de tous) – règles et lois dont le rôle serait de régir la vie en société et seraient le fruit de cette réflexion globale dans la poursuite de l’intérêt général et du Bien Commun.

Cet avènement de la démocratie demanderait pour moi deux choses : D’abord du temps (celui dont a besoin la réflexion – collective qui plus est – pour se nourrir, mûrir et aboutir) et ensuite la garantie absolue que les décisions prises soient respectées (par un partage du pouvoir équitable et représentatif et de nouvelles institutions qui le garantiraient) – sans quoi la réflexion est menée en vain. Et personne n’a envie de faire les choses en vain.

Comme tout le monde sans exception, je ne nie pas penser que le peuple n’est qu’un gros tas d’idiots égoïstes, indifférents et fainéants, incapables de ce genre de réflexion et de prise de décision. Mais comme je fais indéniablement parti du peuple, et que je ne me reconnais pas dans ma propre définition de celui-ci, je dois bien avouer que je me trompe sans doute, que tous les gens qui pensent ainsi passent sûrement à côté de la vérité et que si on arrêtait d’avoir cette conception du « peuple » on pourrait peut-être commencer à se faire un peu confiance, à faire corps et à avancer ensemble.

De toutes façons, on est tous le con de quelqu’un, mais qui a dit qu’entre cons, on ne pouvait pas s’entendre ?

Bref, partant de ce postulat – Certes on est tous des cons, mais peut-être qu’ensemble on pourrait l’être un peu moins, si on avait le temps d’y réfléchir ensemble et la garantie que cette réflexion soit déterminante – je défendais donc mes idées pour la démocratie.

J’étais donc en pleine envolée lyrique sur comment il fallait laisser les décisions qui concernent le peuple entre les mains du peuple, le rassembler (sur Internet, sur les places publiques, dans les mairies, les salles des fêtes, l’agora ou wherever), lui poser des questions ou le laisser s’en poser lui-même, lui laisser le temps de s’en saisir, d’en comprendre les enjeux, d’en discuter et de décider lui-même de l’avenir qu’il a envie de dessiner et qui lui appartient de droit.

Réponse de mes proches : « Mais c’est beaucoup trop compliqué ! ».

Alors comment dire… Ben oui. La démocratie, c’est compliqué.

Nous sommes tous humains et nous l’expérimentons depuis notre naissance, en famille, à l’école, en entreprise, dans les associations, en politique : OUI, vivre ensemble, c’est compliqué.

La plus petite entité de vivre-ensemble que l’on connaisse, c’est le couple. Et on le sait tous : faire vivre un couple, oui, c’est compliqué.

Élever des enfants, c’est compliqué.

S’entendre en famille, c’est compliqué.

Les groupes d’amis, souvent, c’est compliqué.

La vie en communauté, c’est compliqué.

Les collègues, c’est compliqué.

Est-ce pour cela qu’il faudrait renoncer à tout cela, au couple, à la famille, aux amis, aux collègues, à la communauté, à la société… et par extension à la démocratie, qui n’est autre que l’élaboration des règles par un collectif pour vivre ensemble en harmonie ?

En tous cas, peu d’entre nous y semblent prêts. Peu d’entre nous ont décidé de plaquer leurs semblables et d’aller vivre en ermite dans une grotte a fond d’une forêt.

Pourquoi ? Parce que nous sommes des animaux sociaux et nous avons bien conscience, au fin fond du tréfonds de notre être que seuls, nous ne sommes rien. Et qu’ensemble, nous sommes, sinon tout, du moins bien plus. Que les complications que la vie en société entraîne valent mieux qu’une vie en solitaire, coupé des autres, de l’amour et de l’amitié qu’ils nous donnent et de celle que nous leur procurons. Qu’elles sont un prix à la fois inévitable et dérisoire à payer pour que le vivre-ensemble soit possible et que la société puisse fonctionner.

Bien sûr, il y a des limites. Entre faire marcher un couple et faire marcher la France, il y a une différence de degrés. Mais rien ne nous empêche de commencer à une petite échelle et d’étendre le modèle. On ne pourra pas mettre la charrue avant les bœufs soyons-en sûrs (c’est en partie d’ailleurs pour cela que je ne crois pas une seconde à la construction européenne en l’état qui pour moi est un toit (plein de trous) posé sur des non-murs – mais je digresse). Je n’ai pas la solution miracle, et une fois de plus ces questions doivent être livrées à la réflexion collective mais il me semble qu’en commençant par accepter qu’effectivement « c’est compliqué », on fait déjà un pas en avant.

Alors oui, la démocratie, c’est compliqué. La question n’est pas de savoir si c’est compliqué ou non, c’est de savoir si ces complications valent la peine d’être traversées et surmontées. Comme les orages dans un couple, les enfants qui se rebellent, les amis qui traversent des galères et qu’il faut soutenir quand-même parce que c’est comme ça, les collègues qu’on ne supporte pas toujours mais avec lesquels il faut bien faire avancer le projet collectif.

Le sont-elles ? A titre personnel, je pense bien que oui.

Un certain premier ministre (indice: 49/3) ne serait pas d’accord avec moi…

Chacun son avis. Vive la démocratie.

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Allez, on prend une grande inspiration… et c’est parti!
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